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dimanche, août 7, 2022

Les régionales sont finies, bientôt la présidentielle

Au soir du premier tour des élections régionales, dimanche 20 juin, l’abstention était sur toutes les lèvres. Le record historique atteint ce soir-là semblait chambouler l’ensemble de la classe politique. Une semaine plus tard, la participation a à peine progressé mais elle a quasiment disparu des analyses des responsables politiques.

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« On a retrouvé les Français, et les Français nous ont retrouvés », a triomphé Christian Jacob, le patron des Républicains, sans un mot pour l’abstention des deux tiers des électeurs. « Nous sommes le seul parti à progresser en nombre de voix », a fait valoir l’écologiste Éric Piolle. « De 6,5 % en 2017, nous sommes passés à 25 % aux municipales et maintenant 35 % », s’est félicitée Najat Vallaud-Belkacem, l’ex-ministre socialiste pourtant battue en Auvergne-Rhône-Alpes.

Seuls les grands perdants de l’élection, La République en Marche et surtout le Rassemblement national, ont tenté de souligner à nouveau le chiffre de l’abstention, dont le parti d’extrême droite se considère désormais comme la principale victime. Marine Le Pen a ainsi déploré une « désaffection civique historique », en profitant aussitôt pour se faire fort de « réhabiliter la politique ».

Aucune surprise

Chacun, en somme, aura tenté de se présenter à son avantage à l’issue d’un second tour qui, en plus d’être boudé par les électeurs, n’a livré aucune surprise. L’intégralité des présidents de région sortants a été réélue sans coup férir. Les rares suspenses attendus ont été balayés dès les premières estimations de résultats.

En Paca, le « front républicain » a assuré une large victoire à Renaud Muselier (57 %) dans son duel avec le candidat RN et ex-LR Thierry Mariani, qui représentait la dernière chance de victoire du parti lepéniste. En Île-de-France, l’union de la gauche a réussi à additionner sans perte ses scores du premier tour (33 %), mais cela a été loin de suffire pour rivaliser avec Valérie Pécresse (44 %).

Il n’y a qu’en Bretagne que demeure un léger suspense, le président sortant, Loïg Chesnais-Girard (PS), n’ayant pas obtenu la majorité absolue. Il y aura un « troisième tour » pour lui trouver une majorité lors de la première réunion du conseil régional, le 2 juillet prochain.

Le coup d’envoi de la course à l’Élysée

Ces résultats acquis, les régionales peuvent désormais céder la place à la campagne présidentielle. Il était écrit que ces dernières élections intermédiaires du quinquennat donneraient le coup d’envoi de la course à l’Élysée, la dernière arène politique qui passionne encore les Français.

De ce point de vue, Xavier Bertrand n’a pas attendu longtemps pour opérer cette bascule. Prenant la parole quelques minutes après l’annonce de sa large réélection à la tête des Hauts-de-France (54 %, loin devant le candidat RN Sébastien Chenu à 25 % ), il n’a pas eu un mot, ou si peu, pour sa région. Il s’est projeté tout entier vers sa campagne présidentielle qui est d’ores et déjà lancée. « Ce résultat me donne la force d’aller à la rencontre de tous les Français », a-t-il affirmé sans détour, après s’être longuement adressé aux abstentionnistes, « cette France que l’on refuse de voir et d’entendre ».

Les autres présidentiables de droite, tout aussi bien réélus, se sont faits moins offensifs. Laurent Wauquiez, à 55 % en Auvergne Rhône-Alpes, a davantage insisté sur son bilan régional, tandis que Valérie Pécresse s’est incluse dans « une équipe de France de la droite et du centre » qui a, selon elle, « émergé ce soir », et dans laquelle elle compte « prendre toute sa part ».

Au RN, des doutes subsistent, voire apparaissent

La droite n’a toujours pas officiellement de candidat à la présidence de la République. Mais elle est tout de même celle qui est le plus à même de faire de ces régionales un tremplin vers 2022. Pour tous les autres, des doutes subsistent, voire apparaissent. Marine Le Pen doit acter l’échec de son camp dans une élection où on lui prédisait plusieurs victoires possibles. À quelques jours du congrès qui doit l’investir candidate, son allocution réaffirmant son souhait de « construire l’alternance dont la France a besoin » manquait de convictions.

La gauche peut se satisfaire de conserver ses cinq régions, et même d’avoir gagné La Réunion, mais l’union nécessaire pour gagner l’Élysée n’a guère progressé. La seule liste d’union de Karima Delli, dans les Hauts-de-France, n’a pas progressé entre les deux tours. L’alliance francilienne a été loin de pouvoir l’emporter. Quant à Carole Delga, présidente socialiste d’Occitanie, elle fait le plus beau score de la soirée (57,8 %) mais repart fâchée avec les écologistes, avec lesquels elle n’a pas voulu s’allier.

Pas de remaniement

Enfin, les résultats de La République en Marche donnent raison à Emmanuel Macron, qui a cherché depuis des semaines à enjamber ces élections. Leurs candidats ayant été réduits à un rôle de figuration partout où ils se sont maintenus, les macronistes ont bien tenté de faire leur la victoire de Renaud Muselier en Paca. Sans convaincre, faut-il le préciser ?

Du côté de l’Élysée, on communique en conséquence : aucune conséquence nationale à tirer d’un scrutin local. Il n’y aura pas de remaniement. Emmanuel Macron n’actera pas une défaite à dix mois de la présidentielle. Comme tous ses rivaux, il est désormais tourné vers cet objectif.

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