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dimanche, mai 29, 2022

la justice suspend le permis de construire de la piscine olympique

La cour administrative d’appel de Paris a suspendu lundi 20 septembre le permis de construire d’une piscine à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) destinée à servir de bassin d’entraînement pour les Jeux olympiques de Paris 2024 et qui implique la destruction de jardins ouvriers.

→ REPORTAGE. « Pot de terre contre pot de fer », les jardiniers d’Aubervilliers se rebiffent

« L’exécution de la présente ordonnance, qui suspend le permis de construire litigieux, implique nécessairement, comme le soutiennent à bon droit les requérants, qu’il soit immédiatement mis fin aux travaux déjà entrepris », indique l’arrêt de la cour. La décision précise qu’il existe des « doutes sérieux sur la légalité » de ce permis, déposé de façon irrégulière par Karine Franclet, la maire UDI d’Aubervilliers, et délivré sans respecter certaines règles en matière d’urbanisme, notamment la compensation des arbres abattus.

Trois jardiniers et deux associations de défense de l’environnement sont à l’initiative de cette procédure d’urgence, alors que les parcelles concernées par les travaux ont déjà été détruites. La majorité des jardiniers concernés ont été relogés sur d’autres parcelles voisines par Grand Paris Aménagement, détenteur du terrain.

Manifestation de 300 opposants au projet

Les jardins ouvriers des Vertus, enclave centenaire de 2,5 hectares au pied des tours, devaient être amputés de 4 000 m2 pour la construction de cette piscine. Sa livraison est prévue au plus tard le 26 juin 2024, soit un mois avant l’échéance sportive mondiale. D’un coût de 33,6 millions d’euros, le projet est porté par la ville d’Aubervilliers et bénéficie notamment d’environ 10 millions d’euros de subventions de la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques.

La décision de la cour intervient une quinzaine de jours après l’évacuation de militants écologistes qui occupaient les jardins depuis quatre mois. Samedi, environ 300 personnes ont défilé à Aubervilliers pour dénoncer ce projet contraire selon eux à l’urgence écologique. Ils visent surtout le solarium qui doit accompagner le centre aquatique et voir le jour en lieu et place des arbres et potagers.

Bassin d’entraînement pour les athlètes lors des JO, la piscine doit ensuite être accessible aux habitants de cette ville populaire, dans un département où 60 % des enfants ne savent pas nager à leur entrée en sixième, notamment faute d’infrastructures suffisantes.

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