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mercredi, août 10, 2022

Pour les Français de Londres, un avenir britannique incertain

Les Européens installés au Royaume-Uni ont jusqu’à ce mercredi 30 juin pour demander leur résidence permanente. S’ils ne postulent pas au « Settled Status », le nouveau statut créé à leur intention et qui leur est accordé s’ils peuvent prouver leur installation dans le pays avant le 1er janvier 2021, ils perdront l’intégralité de leurs droits pré-Brexit. Autrement dit : droit de résider au Royaume-Uni, droit d’y travailler, d’y bénéficier des aides sociales et d’accéder gratuitement au système de santé, à l’image de tous les illégaux.

143 000 Français enregistrés sur les listes consulaires britanniques

Les Français sont évidemment concernés par cette date limite. Depuis plus d’une décennie, l’administration française clame que Londres, forte d’une population d’environ 300 000 Français, serait la « cinquième ou sixième ville française » du globe. Malgré l’enregistrement de 143 000 Français sur les listes consulaires britanniques, elle estimait en effet que des dizaines de milliers de Français ne prenaient pas la peine de s’enregistrer.

Les demandes de Settled Status ont mis fin à ce mythe. À la fin mars, 206 910 Français avaient déposé une demande, dont 190 330 en Angleterre. Les Français sont d’ailleurs loin d’être les Européens les plus représentés au Royaume-Uni, puisque plus de 900 000 Polonais et Roumains y sont installés, mais aussi 500 550 Italiens et 320 850 Espagnols.

Londres et le Royaume-Uni ont-ils néanmoins perdu de leur attrait depuis le Brexit ? Difficile à dire. Des milliers de jeunes Français traversaient chaque année la Manche pour expérimenter cette ville cosmopolite et y apprendre l’anglais grâce à un emploi, au pair, serveur ou cuisinier. Depuis le 1er janvier, cette option leur est interdite s’ils ne déclarent pas un contrat d’embauche incorporant un salaire annuel minimum de 25 600 livres sterling (29 900 €).

→ À LIRE. Brexit : un nouveau statut pour les résidents permanents européens

Les statistiques actuelles ne montrent pas de diminution du nombre de Français dans le pays : 108 000 Français étaient enregistrés au consulat londonien en 2007 et 128 000 en 2015. Mais la progression de cette hausse des inscriptions depuis le référendum du 23 juin 2016 pourrait être trompeuse puisque liée à l’incertitude des Français quant à leur statut au Royaume-Uni.

« Cela m’a fait mal de devoir postuler pour rester chez moi »

Des signes laissent ainsi entrevoir une tendance au départ. Le lycée français Charles-de-Gaulle de Londres a fait de la publicité en 2018 car il disposait de places dans ses classes là où, auparavant, la liste d’attente était de mise. Surtout, le langage employé par les Français de Londres a changé. Comme l’explique Sonia, 49 ans, installée depuis plus de vingt ans dans la capitale britannique, « cela m’a fait mal de devoir postuler pour rester chez moi ». À ses yeux, Londres, ville la plus branchée d’Europe à son arrivée dans les années 1990 au son des chansons du groupe Blur et des discours du jeune premier ministre Tony Blair, a perdu un je-ne-sais-quoi. Elle s’y sent donc bien moins attachée.

Chez ceux qui ont pris le vote du Brexit moins à cœur, la situation a aussi changé. Sophie, qui préfère que son nom ne soit pas cité pour ne pas inquiéter son employeur, se dit installée à Londres « pour l’instant ». Même chose pour Sébastien, lui aussi dans la finance. Et ce, alors que leurs enfants respectifs sont nés à Londres et qu’ils y sont propriétaires de leur logement. Cette hésitation, ils ne l’avaient jusqu’alors jamais exprimée, tant leur présence au bord de la Tamise leur paraissait évidente et surtout indéterminée. Jusqu’à ce que le Brexit passe par-là.

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