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dimanche, août 7, 2022

une solution durable est-elle possible en Catalogne ?

« C’est un petit pas dans la bonne direction, mais une goutte d’eau dans le désert politique », réagit le délégué du gouvernement de Catalogne en France, Daniel Camos. Plus tôt, ce mardi 22 juin, le gouvernement espagnol donnait son feu vert à la grâce de neuf indépendantistes catalans emprisonnés depuis 2017, parmi lesquels l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras. Pour le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l’objectif est clair : « En finir une fois pour toutes avec la division et l’affrontement » et «ouvrir une nouvelle étape de dialogue ». En un mot, promouvoir la « concorde ».

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Les neufs graciés devraient sortir de prison bientôt. Mais grâce n’est pas amnistie. Ils restent frappés d’inéligibilité et devront se garder de commettre tout délit grave – comme organiser un référendum d’autodétermination de la Catalogne – « durant un temps déterminé » sous peine de retourner à la case prison. Façon d’indiquer pour Pedro Sanchez « qu’il n’entend pas céder sur la question du référendum, le prochain point d’achoppement avec les indépendantistes », remarque Anthony Sfez, docteur en droit à l’université Paris II – Panthéon Assas. Exilé en Belgique, Carles Puigdemont ne fait pas partie des heureux élus.

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Indépendantisme ou autonomie

Le premier ministre espagnol devrait rencontrer son homologue catalan, le modéré Pere Aragonès, dans les prochains jours, avec l’espoir de relancer un nouveau cycle de négociations à l’automne. Chacun campe toujours sur ses positions. Les indépendantistes demandent un référendum autodétermination validé, cette fois-ci, par Madrid et sur le modèle de celui qui a eu lieu en Écosse en 2014.

« Aujourd’hui en Catalogne, il y a autour de 3 000 personnes poursuivies dans des dizaines de procès pour les faits de l’automne 2017. Nous demandons une amnistie », appelle également Daniel Camos auprès de La Croix.« Ensuite, nous posons la question [au gouvernement espagnol] : si vous ne souhaitez pas l’indépendance, quelle est votre contre-offre ? Jusqu’à présent ils n’en ont pas fait et ont préféré imposer la dictature du statu quo. »

Gagner du temps

Madrid a laissé la porte ouverte à un vote des Catalans pour un accord vers plus d’autonomie de la région. Mais le projet paraît difficilement réalisable en l’état, juge Cyril Trépier, géographe et chercheur en géopolitique spécialiste de la Catalogne. « Il faut se rappeler combien avait été complexe et heurtée la précédente réforme du statut de l’autonomie catalane en 2006, en partie censurée par le tribunal constitutionnel en 2010. »

Pour augmenter l’autonomie d’une communauté, il faut non seulement réviser son statut mais surtout réviser la Constitution espagnole, avait-il tranché. « Ce n’est pas possible sans l’accord de la droite, et la droite est contre », explique Anthony Sfez. L’espoir d’une résolution de la crise catalane est mince.

Mais le geste de Pedro Sanchez devrait au moins permettre d’apaiser les tensions pour un temps. Côté séparatiste, aussi, « cela va permettre à l’ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) de dire à la frange indépendantiste la plus intransigeante : regardez, lorsque l’on négocie, on peut obtenir des choses ! », poursuit le spécialiste. Jusqu’à la prochaine crise.

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