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mercredi, août 10, 2022

Vladimir Poutine se fait historien et prône la réconciliation

Pour la deuxième année consécutive, le président russe Vladimir Poutine a publié une tribune dans un média occidental pour l’anniversaire du 22 juin 1941, date du début de l’invasion de l’Union Soviétique par l’Allemagne nazie. En 2020, Vladimir Poutine avait déroulé dans une très longue démonstration, publiée par le média américain National Interest, sa vision des causes du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, fustigeant notamment la « trahison de Munich » des pays européens.

« Le rêve de Charles de Gaulle »

Un an plus tard, c’est dans le très respectable hebdomadaire allemand Die Zeit que le président russe revient sur la Seconde Guerre mondiale et ses suites. Pour, cette fois, louer une période d’après-conflit pendant laquelle, d’après le président russe, « les peuples d’Europe sont parvenus à surmonter leur aliénation et à retrouver le chemin d’une confiance et d’un respect mutuel ».

Une confiance brisée, d’après Vladimir Poutine, par l’extension de l’Otan à la chute de l’URSS et malgré « le rêve de Charles de Gaulle d’un continent unifié ». Jusqu’à une révolution ukrainienne de 2014 qualifiée par le président russe de « coup d’État armé inconstitutionnel » que les États-Unis auraient « organisé » et l’Union européenne « soutenue ». Le président russe conclut sa tribune avec un appel à la réconciliation et à un « partenariat compréhensif avec l’Europe », assurant que « nous devons tous admettre et corriger les erreurs ».

« C’est bien sûr un usage de l’histoire à des fins politiques » assène Sergeï Radchenko, professeur de relations internationales à l’université de Cardiff et spécialiste de la guerre froide. « Poutine ne dit pas que 1945 n’a pas seulement marqué la défaite de l’Allemagne nazie, à laquelle l’Union Soviétique a énormément contribué, mais aussi le début de la guerre froide, qui voit l’Europe de l’Est coupée de l’Europe de l’Ouest à cause des efforts de Staline pour étendre la sphère d’influence soviétique. C’est une histoire qui ne colle pas à son récit, il ne la mentionne donc même pas », explique-t-il.

Le retour de la question historique

Le président russe multiplie depuis deux ans les sorties sur les questions historiques, dénonçant régulièrement les « falsifications » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, déplorant au mois d’avril dans un discours au parlement qu’un manuel d’histoire russe ne consacre pas une place suffisante à la bataille de Stalingrad.

Sa tribune publiée l’année dernière répondait à une résolution adoptée en septembre 2019 par le Parlement européen qui accusait notamment le « tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique » d’avoir été la cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Une affirmation que le président russe avait deux mois plus tard passé près d’une heure à critiquer et contrecarrer lors d’une réunion avec huit chefs d’État de pays de l’ex-URSS. Un an plus tard, le ministère russe des affaires étrangères avait de son côté décrit l’invasion de la Pologne par l’Union Soviétique en septembre 1939, en vertu de ce même pacte Molotov-Ribbentrop, comme une « mise sous protection » de territoires « occupés par la Pologne depuis 1920 ».

Une rhétorique de Vladimir Poutine qui se traduit en Russie par une série de législations mémorielles. Dernier exemple en date, une série d’amendements interdisant le « déni du rôle du peuple soviétique dans la défaite de l’Allemagne nazie et la mission humanitaire de l’URSS dans la libération des peuples d’Europe », adoptée par le Parlement russe le 9 juin.

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