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mercredi, août 10, 2022

pour Emmanuel Macron, l’urgence de tourner la page

Pour ce qui est de passer rapidement à autre chose, on a vu mieux. Lundi 29 juin, au lendemain des élections régionales et de la défaite cuisante de La République en Marche, Emmanuel Macron s’est rendu à Douai (Nord), sur un site industriel de Renault. Une visite en amont de « Choose France », un sommet destiné à « promouvoir l’attractivité économique de la France », auquel le président devait se rendre l’après-midi suivant.

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Rien à voir, donc, avec l’actualité de la veille. Sauf que, protocole républicain oblige, il a été accueilli à Douai par… Xavier Bertrand, largement réélu à la tête des Hauts-de-France, et plus que jamais candidat à l’Élysée. « Avec Macron, la guerre est déclarée depuis un moment », affirmait l’ancien des Républicains le matin même dans les colonnes des Échos. Devant les portes de l’usine, l’échange entre les deux hommes, se félicitant de la chute du RN et se désolant de l’abstention, manquait un brin de naturel…

Désintérêt ou colère ?

Officiellement, le chef de l’État fait peu de cas du résultat de ces élections. La déroute du premier tour s’est confirmée, et même amplifiée, au second. Privés d’alliances, les candidats LREM toujours en lice ont joué les figurants, voyant leur score régresser dans la plupart des cas. Au niveau national, la majorité présidentielle recueille moins de 7 % des voix. Il est donc urgent pour l’exécutif de ne pas s’y appesantir. « Il n’y a pas d’enseignement national à tirer d’un scrutin local », martelait déjà l’Élysée avant le premier tour. « Aucun parti n’a conquis de région », fait-on valoir à Matignon, où l’on estime que l’abstention est « sans doute davantage liée à un désintérêt dans une période étrange qu’à de la colère ».

Dans les rangs de la majorité, on considère de toute façon que ce résultat ne change rien dans la perspective de 2022, bien que beaucoup y voient un coup porté à la perspective d’un nouveau duel Macron-Le Pen. « Il n’y a jamais eu de certitude sur la manière dont ça allait se dérouler, assure Roland Lescure, député et porte-parole de LREM. Il y a cinq ans, tout le monde pensait qu’Alain Juppé serait le prochain président de la République. Celui qui a été au cœur d’une telle surprise ne peut pas considérer que tout est joué d’avance. »

Conséquence de cette banalisation, le remaniement ministériel annoncé au lendemain des élections sera limité et « technique ». Il ne devrait d’ailleurs pas intervenir dans l’immédiat, pour ne pas donner l’impression d’une réaction directe au jugement des urnes.

Un parti en ordre de bataille

Reste que la fin de ces élections marque l’entrée dans une année de campagne présidentielle, avec laquelle l’exécutif va devoir composer. Le parti d’Emmanuel Macron, plus affaibli que jamais, va chercher à se mettre en ordre de bataille sans attendre, à la faveur du renouvellement de son bureau exécutif, prévu le 21 juillet.

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Privilège du sortant, le président n’aura à affronter ni congrès, ni primaire, ni « système de départage » comme ses rivaux. Ce qui ne signifie pas qu’il n’a pas d’agenda jusqu’à la présidentielle. Avant une campagne éclair qui pourrait ne démarrer qu’en février, Emmanuel Macron entend mettre en œuvre sa promesse de présider « jusqu’au dernier quart d’heure ».

Il devrait donc se consacrer à la sortie de crise sanitaire, sur laquelle plane l’ombre du variant Delta, et à la relance économique et sociale. La réforme des retraites, elle, refait surface sous forme de ballon d’essai. Le président devrait prendre la parole d’ici mi-juillet pour « tracer des perspectives », selon un proche. L’importance de la prime au sortant est peut-être le seul enseignement qu’Emmanuel Macron pourrait vouloir tirer des régionales.

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