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mercredi, août 10, 2022

la migration revient sur la table du Conseil européen

La délicate question de la migration est à l’ordre du jour du Conseil européen des 24 et 25 juin. Les dirigeants doivent discuter de « la situation migratoire sur les différentes routes », via la Méditerranée ou passant par des voies terrestres telles que les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla, en Afrique du Nord. Selon Frontex, le nombre de franchissements illégaux aux frontières extérieures de l’Europe a culminé à 47 100 durant les cinq premiers mois de 2021 – soit presque le double que durant la même période l’année précédente, même si la pandémie avait en partie gelé les déplacements.

Les 27 devraient dire leur « inquiétude » à proposdes derniers développements. Le Conseil européen « condamne et rejette toute tentative par un pays tiers d’instrumentaliser les migrants à des fins politiques ». Ce passage a été réclamé par l’Espagne : mi-mai, des milliers de migrants étaient arrivés à Ceuta, profitant de l’assouplissement des contrôles des autorités marocaines. Madrid y a vu la réponse de Rabat à l’hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui.

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Une « grave crise » pour l’Espagne et l’Europe

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez avait alors parlé d’une « grave crise pour l’Espagne et aussi pour l’Europe ». La crise de 2015 a laissé des séquelles, et tous les dirigeants autour de la table savent que le dossier reste explosif. « Les divergences de vues autour du nouveau Pacte sur la migration et l’asile, dévoilé en septembre, en disent long sur la complexité du sujet », témoigne Alberto-Horst Neidhardt, expert des questions migratoires au European policy centre (EPC).

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Un accord UE-Turquie remis à jour ?

Trois jours avant la réunion à Bruxelles, le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas a d’ailleurs relancé le débat, en exigeant, dans les colonnes du journal Die Welt, que l’accord entre l’UE et la Turquie soit remis à jour. Dans leurs conclusions, les 27 ont eux aussi prévu de vanter les mérites de « la coopération et des partenariats avec les pays d’origine et de transit ».

Les dirigeants devraient demander à la Commission européenne de plancher sur des « actions concrètes », avec des mesures tangibles et un calendrier clair, en vue d’améliorer la relation de l’UE avec les pays tiers. Ce n’est pas la première fois que l’UE entend miser sur certains États avec lesquels elle partage 15 000 kilomètres de frontières terrestres et 67 000 kilomètres de frontières maritimes.

Des retours volontaires

La stratégie sur les retours volontaires et la réintégration des migrants présentée fin avril par la Commission reposait déjà sur l’idée d’une coopération accrue, notamment avec le Maroc ou la Tunisie. « Trouver des solutions à long terme reste essentiel », commenteAlberto-Horst Neidhardt.

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Sans attendre, la Commission européenne doit proposer, jeudi 24 juin, aux dirigeants d’allouer 5,7 milliards d’euros pour financer l’aide aux Syriens réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie, jusqu’en 2024. Cette enveloppe devra couvrir « les besoins les plus urgents des réfugiés et des communautés d’accueil » (santé, éducation…) mais aussi « le développement des compétences et la création d’opportunités d’emploi », compte tenu de la durée du conflit en Syrie.

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