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dimanche, août 7, 2022

à gauche, un test de résistance pour l’union

Les élections régionales et départementales réconfortent la gauche mais sont loin de résoudre ses handicaps en vue de l’élection présidentielle de 2022. La question du leadership n’est pas tranchée et l’hypothèse d’une candidature commune bute sur les fragilités de l’union.

Il suffit d’observer comment le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, et le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, ont, chacun de leur côté, apprécié les résultats électoraux pour les interpréter à leur avantage. Le PS est « la force motrice », a martelé le premier ; l’écologie « la seule force en dynamique », a insisté le second.

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Les socialistes peuvent se targuer de conserver leurs cinq régions métropolitaines – Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie – et s’appuyer, dans cette dernière, sur le beau score réalisé par Carole Delga (57,78 %). Le PS est « incontestablement la force qui a le plus grand maillage territorial », renchérit Olivier Faure, quand Julien Bayou se félicite de « doubler le nombre » d’élus écologistes régionaux et départementaux, comme dans le Nord, au détriment du PS. Des succès auxquels sont venues s’ajouter deux victoires de la gauche à La Réunion et en Guyane.

« Un plafond vert »

Néanmoins, les réussites socialistes comme les progressions écologistes laissent entrevoir des faiblesses. Les succès du PS sont avant tout le fait d’élus de terrain qui ont bénéficié de la prime aux sortants, l’emportant parfois sans alliance avec EELV. Et quand un accord d’union se réalise entre les socialistes et les écologistes, « il y a un plafond de verre, ou même un plafond vert, ce qui fait que les socialistes sont aujourd’hui les plus crédibles pour conduire ces rassemblements », constate avec sévérité Olivier Faure.

« Quand les écologistes sont en tête et qu’ils conduisent l’ensemble de la gauche et des écologistes, malheureusement, ça ne performe pas », ajoute le patron du PS. Ainsi, il n’y a pas eu d’effet de propulsion dans les Hauts-de-France où la gauche, même unie des socialistes jusqu’aux Insoumis dès le premier tour, n’a pas dépassé 21,98 % des voix. Face à la droite en Île-de-France et dans les Pays de la Loire, la fusion des listes de gauche, derrière un écologiste et avec des Insoumis, n’a pas permis non plus de renverser la situation.

Les attaques de la droite contre une « gauche extrême » ont-elles eu un impact sur le vote ? Olivier Faure prend soin de dire que les écologistes ne sont pas « disqualifiés » et qu’il souhaite réunir « ce bloc social et écologique qui seul permet la victoire ». Certains proches de l’ancien président François Hollande estiment cependant que ces listes d’union « imposées par l’appareil du PS souvent derrière EELV et avec LFI, ont conduit à l’échec ». Selon eux, ce bloc social-écologiste « n’existe pas ». D’autres s’inquiètent que le PS se soit « effacé » derrière EELV dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« Une stratégie confuse »

Dans la famille écologiste aussi, des interrogations se lèvent. Présidente de Génération Écologie, Delphine Batho estime que « la diversité des configurations politiques dans les régions, mais surtout une musique nationale dominante enfermant l’écologie politique sous la tutelle de l’union de la gauche, a généré une démobilisation ». « Preuve est faite que cette stratégie confuse ne conduit pas à des victoires », ajoute-t-elle.

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À l’approche d’échéances internes à chacun des partis, les tensions pourraient s’accroître en vue de 2022. Dès le 1er juillet, EELV va enregistrer les candidatures à la primaire du « pôle écologiste », avec les entrées en lice annoncées de l’eurodéputé Yannick Jadot et du maire de Grenoble, Éric Piolle. De son côté, le PS prépare son congrès et la montée en puissance de la maire de Paris, Anne Hidalgo, pour septembre. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il va relancer le 4 juillet sa campagne, seul et à l’écart des stratégies d’union.

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