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samedi, août 13, 2022

Que retenir des élections départementales ?

► La droite progresse

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la droite remporte cinq départements sur six. Parmi eux, les Alpes-de-Haute-Provence, tenues par les socialistes depuis 23 ans, basculent à droite. Même sort pour le Finistère (Bretagne), qui passe à droite après 23 ans à gauche et une bataille serrée. En Auvergne-Rhône-Alpes, la droite va présider tous les départements.

Dans le Puy-de-Dôme, par exemple, elle devient majoritaire en prenant plusieurs cantons de gauche, dont Clermont-Ferrand, fief du sortant Jean-Yves Gouttebel (RAD). Il ne se représentait pas à la présidence : en choisissant de soutenir Emmanuel Macron en 2017, il avait divisé la majorité de gauche. Dans le reste de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la droite progresse (Allier, Drôme, Isère) ou reste ultra-majoritaire. Sans surprise, des listes LR et DVD remportent aussi les six départements du Centre-Val de Loire et huit des neuf départements du Grand Est.

→ RETROUVEZ les résultats du second tour des élections départementales 2021

Pour Émilien Houard-Vial, doctorant au Centre d’études européennes et de politique comparée, la progression de la droite peut en partie être attribuée à l’abstention : « Les électeurs du RN et de la gauche se sont particulièrement abstenus. Ce n’est donc pas anormal que la droite fasse de très bons scores : ses électeurs sont un peu plus âgés, et habitués à considérer le vote comme un devoir, analyse-t-il. Les électeurs qui s’étaient tournés vers La République en marche pour la présidentielle et les législatives ont préféré voter à l’échelle locale pour des candidats sortants, bien implantés localement, ce qui bénéficie plus à LR et au PS. »

► Les socialistes et la gauche maintiennent leurs positions

En Occitanie, rien ne bouge : la gauche reste majoritaire dans 12 des 13 départements. Le RN, qui espérait s’imposer dans le Gard et les Pyrénées-Orientales, n’y remporte, finalement, aucun canton. La gauche conserve cinq départements en Nouvelle-Aquitaine, et gagne la Charente, l’arrachant des mains de Jérôme Sourisseau (DVC), à un canton près.

En Bretagne, le PS récupère les Côtes-d’Armor après une parenthèse de six ans. En Seine-Saint-Denis, la gauche avait fait bloc dès le premier tour. Stratégie payante, puisque la droite perd un canton, et que Stéphane Troussel (PS) pourra rester à la présidence du département. Pour finir, la gauche conforte sa majorité dans le Pas-de-Calais, en reprenant les cantons de Lens, Wingles et Harnes au RN, le vote d’extrême droite ayant pâti de l’abstention.

► Le Parti communiste perd son dernier département

Bastion du PCF depuis 1976, le Val-de-Marne a basculé à droite. L’alliance de gauche de Christian Favier (PCF), le président sortant, a échoué face à la liste d’Olivier Capitanio, maire de Maisons-Alfort. Cette défaite confirme un mouvement de fond, encore observé lors des dernières municipales de 2020 et la chute de Champigny-sur-Marne, Choisy-le-Roi et Valenton, bastions du communisme français.

« Historiquement, le pourtour parisien était de gauche, explique Émilien Houard-Vial. Dans les années 1970, la banlieue a commencé à basculer à droite en commençant par l’ouest. Longtemps, les bastions communistes ont résisté, mais tombent petit à petit. Ils ne pouvaient que décliner face à la perte d’influence du Parti communiste, qui n’a pas de dynamique nationale pour les soutenir. C’est aussi un phénomène générationnel : les jeunes qui n’ont pas connu l’âge d’or de la banlieue rouge votent autrement. » Les communistes ont également perdu le dernier canton qu’ils détenaient dans les Alpes-Maritimes, à 142 voix près.

► Incertitudes dans quatre départements

Dans le Vaucluse (Paca), l’extrême droite espérait s’emparer du conseil départemental en allant au second tour dans 13 cantons sur 17. Pourtant, le RN et la Ligue du Sud ne progressent pas : la gauche et la droite arrivent à égalité avec six cantons chacune, comme en 2015. Anthony Zilio détient les clés du scrutin : le maire de Bollène s’est affranchi du PS, et son canton sans étiquette fera basculer le département dans un camp ou dans l’autre.

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En Seine-Maritime, même scénario. Les voix du centriste Dominique Métot et de sa binôme feront pencher la balance à gauche ou à droite d’ici à ce mardi matin. En Guadeloupe, le résultat des élections dépend d’un recours préfectoral. Trois cantons n’ont pas tenu de second tour, dimanche : trois de leurs binômes auraient été élus à tort dès le premier tour, sans avoir réuni toutes les conditions d’éligibilité. Parmi eux, le binôme du président pressenti, Guy Losbar. Le tribunal administratif tranchera le 12 juillet.

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