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samedi, août 13, 2022

le parti Droit et Justice (PiS) en quête de nouveau souffle

Un nouvel acte de la vie politique polonaise se joue, samedi 3 juillet à Varsovie, avec le congrès du parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis 2015. Si un vice-président doit être nommé, l’incontournable homme fort du parti et du pays, Jarosław Kaczyński, 72 ans, aux manettes depuis 2003, devrait être reconduit sans contestation à la présidence.

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Jarosław Kaczyński, qui s’était jusque-là soigneusement tenu à l’écart du gouvernement, est aussi, depuis novembre 2020, vice-premier ministre, un poste qu’il avait finalement décidé d’endosser en pleine crise politique de la coalition de droite au pouvoir, le parti Droit et Justice étant alors soucieux de rétablir de la stabilité grâce à son autorité. Cette nomination n’a toutefois pas permis de faire taire les contestations, y compris internes, qui restent importantes.

Un parti en perte de vitesse et une coalition fragile

Lors de l’été 2020, le PiS fut à deux doigts d’essuyer un revers électoral dans les urnes. Le second tour du scrutin présidentiel, le 12 juillet, a certes été favorable à son candidat, le sortant Andrzej Duda, face au représentant de la coalition civique Rafal Trzaskowski, mais à une très courte majorité (51,03 % contre 48,97 %).

Le risque pour le PiS de perdre les prochaines échéances électorales est donc réel. Une telle éventualité poserait un « double problème au parti de Jarosław Kaczyński, estime Georges Mink, professeur au Collège d’Europe. Il lui faudra, soit trouver de nouvelles réserves en voix en maintenant une coalition, soit garantir autrement des conditions de survie pour le parti. »

Au sein même du PiS, des désaccords sur la stratégie politique du parti subsistent, allant même jusqu’à provoquer la désaffection de certains députés. Mais, souligne Georges Mink, la fragilité du parti se trouve davantage encore dans sa coalition gouvernementale de droite, avec « d’un côté les pressions conservatrices du parti du ministre de la justice Zbigniew Ziobro « Solidarna Polska », et de l’autre le parti de Jaroslav Gowin « Pozozumienie » à coloration plus libérale. »

Ce parti a fait l’objet de manœuvres politiques à la demande de Jarosław Kaczyński, qui ont entraîné le départ d’un groupe de députés. « Ces mouvements prouvent que la majorité parlementaire est instable, tel est le souci principal du leader du PiS », analyse Georges Mink.

Rappeler les désaccords avec Bruxelles

Le Congrès de ce samedi 3 juillet, un an après la présidentielle, donnera également l’occasion au parti de réaffirmer sa ligne vis-à-vis de l’Union européenne.

Le PiS y exposera son Nowy Lad (New Deal), autrement dit son programme d’utilisation des plus de 23 millions d’euros de fonds européens du plan de relance pour la reconstruction du pays. « Ce projet doit être mieux vendu aux électeurs du PiS, la frange conservatrice de l’électorat, mais aussi aux centristes, dans la mesure où le PiS ne dispose pas de réserves électorales », analyse Georges Mink.

Les cadres du parti multiplieront également, sans doute, les déclarations virulentes à l’encontre de l’UE, prévient Jacques Rupnik, directeur de recherche au CERI Sciences-Po, même si, ajoute-t-il, « l’État polonais fonctionne en grande partie grâce aux fonds européens, qui représentent plus de 3 % du PNB ».

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Les désaccords sur les questions de sociétés, notamment les droits des personnes LGBT, n’ont pas manqué d’attiser les tensions, ces derniers mois, entre Varsovie et Bruxelles, comme la question de l’état de droit, et de la prévalence du droit européen sur le droit polonais en matière de justice, un principe que Varsovie conteste, relève Jacques Rupnik.

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