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mercredi, août 10, 2022

malgré un nouveau chef du DUP, la pression ne retombe pas

En Irlande du Nord, les temps de répit sont de courte durée. Après une seconde élection en un mois, le DUP, principal parti unioniste de la province, s’est trouvé un nouveau chef – le précédent n’ayant tenu que 21 jours. Cette fois, Jeffrey Donaldson semble à la hauteur de la tâche. Il veut être l’homme qui réconciliera l’unionisme. Représentant du parti auprès de l’Assemblée de Westminster, à Londres, il est un de ses plus anciens élus.

Un délai allongé pour l’application du Protocole

Sa priorité : modifier le Protocole sur l’Irlande du Nord. Cet accord conclu entre Européens et britanniques dans le cadre du Brexit installe des contrôles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. D’autant plus que le calendrier accroît la pression dans la province. Le 30 juin, une période de grâce doit expirer, rendant impossible l’envoi de saucisses et autres steaks non surgelés depuis la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord. L’Europe a, pour l’heure, promis de rallonger le délai.

Mais le DUP a encore fort à faire, et peu de marge de manœuvre. La pression ne vient pas seulement de l’intérieur du parti, mais du terrain. Le LCC, l’organe représentant les groupes paramilitaires loyalistes, tente de peser dans la balance : son chef David Campbell vient de démissionner de l’association de consolidation de la paix Co-operation Ireland, et un communiqué a annoncé que les représentants de la République Irlandaise ne sont plus les bienvenus en Irlande du Nord.

Les unionistes et loyalistes (membres de la classe ouvrière de cette communauté britannique) multiplient les manifestations et marches symboliques. Lors d’un événement dans l’ouest de Belfast, ils brûlaient une bannière pro-réunification. À Portadown, ils scandaient que « Le Protocole doit partir ! ».

Comment réconcilier les Unionistes

Malgré ces revendications, l’Europe est opposée à tout changement au Protocole, comme l’a rappelé Emmanuel Macron lors du G7, et la solution d’un accord « à la suisse », qui voudrait dire que le Royaume-Uni se plie aux règles européennes, ne colle pas avec la rhétorique du Brexit. Que peut donc faire Jeffrey Donaldson pour réconcilier sa communauté ? Une des possibilités serait de faire tomber l’Assemblée. « Le nouveau leader du DUP doit cesser de faire un flot constant de concessions au Sinn Féin, même si cela signifie suspendre le cours normal de la dévolution », insiste le LCC.

Une telle décision déclencherait toutefois un blocage politique, en pleine pandémie, des élections anticipées que les républicains sont quasiment certains de remporter.

Le gouvernement britannique pourrait se poser comme allié. David Frost, ministre en charge du Brexit, a soutenu que « des éléments importants du Protocole [n’étaient] pas durables ». « Il doit y avoir davantage de pragmatisme et de solutions raisonnables (…) pour les biens qui ne quittent pas l’espace douanier du Royaume-Uni », assure-t-il.

Boris Johnson est cependant lui aussi dans une situation délicate. Il a déjà rallongé unilatéralement une période de grâce une première fois, et sa relation avec l’UE comme sa réputation internationale pâtiraient de la répétition de cette stratégie. Jeffrey Donaldson devra aussi régler un dernier problème : pour gouverner conjointement avec le DUP, le Sinn Féin républicain exige des garanties sur la question de la langue irlandaise, celles-là mêmes que les unionistes leur refusent.

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