©Copyright » Politique de confidentialité » ✆Contacts

samedi, août 13, 2022

le passe sanitaire européen lancé au milieu des doutes

Il arrive en temps et en heure. Le certificat sanitaire européen promis pour le 1er juillet entre bel et bien en vigueur, juste avant les grands départs en vacances. Cette technologie accessible depuis son smartphone est valable dans toute l’Union européenne et même au-delà, alors que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse l’ont adopté.

→ EXPLICATION. Cinq questions sur le « Certificat Covid numérique européen »

En France, il suffit de télécharger l’application TousAntiCovid, qui délivre sous la forme de QR Code une attestation (de vaccination, de test négatif ou d’immunité post-guérison) lisible partout en Europe. Les voyageurs attachés au papier pourront présenter leurs certificats sous une forme imprimée.

Un « frein d’urgence » en cas de détérioration de la situation épidémique

Il s’agit d’une petite fierté pour les institutions européennes et les États membres, souvent critiqués pour leur lenteur. L’UE a réussi à mobiliser l’outil en un temps record pour lever les barrières nationales dans l’espace de libre circulation. Mais l’effort de coordination risque de se heurter à la réalité sanitaire. Les 27 ont en effet anticipé la possibilité d’actionner un « frein d’urgence », avec un retour des restrictions nationales, « lorsque la situation épidémiologique dans une région d’un État membre ou dans un État membre se détériore rapidement, notamment en raison d’une prévalence élevée de variants ».

→ VOS QUESTIONS. « À partir de quand est-on considéré comme pleinement vacciné pour voyager ? »

Dans le cas d’une propagation rapide de la mutation « Delta », n’importe quel pays pourra donc imposer des tests de dépistage ou des quarantaines, y compris aux détenteurs du fameux passeport sanitaire européen. Le risque est réel. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) le variant Delta devrait représenter 70 % des nouvelles infections européennes d’ici à début août, et même 90 % d’ici à la fin août.

Le système adopté s’expose par ailleurs à des failles, si tous les États membres ne jouent pas le jeu. La tentation est grande de s’ouvrir le plus largement possible aux visiteurs hors UE, pour les pays du Sud qui veulent sauver leur saison touristique. Au dernier Conseil européen, les 24 et 25 juin derniers, la chancelière allemande Angela Merkel a exprimé son mécontentement envers le premier ministre portugais Antonio Costa, qui accueillait les Britanniques malgré le pic de contaminations au Royaume-Uni.

Rectifications

Lundi 28 juin, Lisbonne, comme Madrid, a dû rétablir des mesures contraignantes vis-à-vis des Britanniques. Un test PCR ou une vaccination complète sera exigé en Espagne à compter du 1er juillet, tandis qu’au Portugal, les personnes ne disposant pas d’un cycle vaccinal terminé seront mises à l’isolement quatorze jours.

→ DOSSIER. Un été sous Covid : les réponses aux questions que vous vous posez sur les vacances

La France, de son côté, a mis en garde la Grèce, qui accepte les touristes présentant les vaccins russe ou chinois. Paris voudrait que l’UE s’en tienne aux quatre vaccins autorisés par l’Agence européenne du médicament (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson). « C’est la clé pour que le green passe européen soit pleinement efficace », défendait Emmanuel Macron cinq jours avant le lancement du dispositif.

Prime au vaccin

En principe, les règles de voyage sont unifiées. Mais les voyageurs auront tout intérêt à vérifier les contraintes propres à leur itinéraire sur l’application Re-open EU. L’eurodéputée et médecin Véronique Trillet-Lenoir (Renew, libérale) le reconnaît : « Le certificat sanitaire européen laisse une place très largement prioritaire au cycle vaccinal terminé. » L’usage qui sera fait des deux autres critères (test négatif et certificat de guérison) sera « plus aléatoire », reconnaît-elle.

Le certificat de guérison post-infection n’est, par exemple, reconnu en Grèce que s’il date d’entre deux et neuf mois avant le contrôle, alors qu’en Croatie, il ne sera valide qu’entre onze jours et six mois. Certains États reconnaissent les tests antigéniques, d’autres pas.

Le coût du test PCR sera remboursé depuis la France, mais il sera payant avant le retour, à des prix qui, en fonction des destinations, peuvent aller du simple au quintuple (1). « Le Parlement européen n’a pas réussi à imposer de plafond de tarification », regrette Véronique Trillet-Lenoir. En compensation, la Commission européenne a promis de mobiliser une enveloppe d’au moins 100 millions d’euros pour aider les États à fournir des tests à des prix abordables.

————

Obtenir son passe européen

Les voyageurs sans smartphone pourront demander à leur médecin généraliste une version papier à présenter lors des contrôles.

Les preuves de vaccination figurent sur le site de l’assurance-maladie (attestation-vaccin.ameli.fr), où il est possible de télécharger le QR Code européen. Il faut ensuite ouvrir son application TousAntiCovid et scanner ce code pour charger son certificat dans son smartphone. Les tests et les preuves de rétablissement sont sur le site Si-Dep (portail-sidep.aphp.fr). Il faut procéder de la même façon.

Ceux qui ont déjà un QR Code français sur TousAntiCovid pourront le convertir au format européen via l’application à compter du 1er ou du 2 juillet.

Autres articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici