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vendredi, août 12, 2022

des inquiétudes face au passe sanitaire obligatoire

Les députés ont dans un premier temps voté contre la mesure, mais le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé une seconde délibération, pointant les contradictions d’un tel vote. « Si je devais résumer, il faut un passe sanitaire pour aller au restau, mais pas pour aller à l’hosto », a-t-il estimé, avant que les députés ne reviennent sur leur vote. La version initiale du projet de loi a donc été adoptée vendredi 23 juillet au matin. Le texte doit encore passer au Sénat, mais les inquiétudes sont nombreuses pour les soignants et les patients : imposer le passe sanitaire aux patients non urgents et aux visiteurs ne va pas de soi.

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De part et d’autre, on commence par rappeler l’importance de l’enjeu de la vaccination. Il ne s’agit pas de condamner unilatéralement « un outil parmi d’autres » selon Gérard Raymond, président de France Assos Santés. « Dans cette période d’urgence, à l’approche d’une quatrième vague et pour endiguer la pandémie, il faut prendre nos responsabilités », précise-t-il. Même son de cloche pour Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers, qui juge que « la vaccination reste le sujet de fond, et l’enjeu le plus important », regrettant toutefois que rendre obligatoire le passe sanitaire ne soit pas la solution la plus pédagogique.

« On préférerait convaincre plutôt que contraindre »

Le passe sanitaire sera dans les faits une étape supplémentaire entre les hôpitaux et ses patients. Malgré cette obligation à l’entrée, il faudra évaluer les besoins de chacun, pour les malades chroniques qui ne peuvent pas se faire vacciner par exemple. « Il faudra regarder avec bienveillance et transparence les situations particulières, et essayer de les résoudre », selon Gérard Raymond. La question du calendrier se pose également : « C’est vrai que ça arrive brutalement et que ça va concerner tous les patients, qui, même de bonne volonté, avaient des rendez-vous en août sans être encore vaccinés », regrette Thierry Amouroux.

Sur la forme par ailleurs, imposer un contrôle à l’entrée d’un hôpital suscite de nombreuses interrogations. « L’hôpital a quand même une tradition d’asile », formule Thierry Amouroux, avant d’ajouter que « sur le principe, ce sera difficile pour [les soignants] de filtrer les entrées et de refuser du monde le cas échéant ». Dans la mesure où ce service serait externalisé et sans doute effectué par des agents de sécurité extérieurs aux lieux de soin, l’enjeu du coût des contrôles sera fondamental. La Fédération hospitalière de France évoque une facture de 60 millions d’euros pour mettre en place ce système. « À une période ou plus que jamais, on pose la question du financement des hôpitaux », rappelle Thierry Amouroux.

Un risque d’isolement des patients

Tous s’accordent sur le fait que la difficulté principale de cette mesure réside dans les visites aux proches, notamment dans les situations où le pronostic vital est engagé. Laurent Frémont, porte-parole du collectif Tenir la main, formé pour alerter sur les restrictions d’accès pour les familles des patients pendant la pandémie de Covid, déplore « un retour en arrière, notamment pour les situations de fin de vie ».

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« Est-ce que vous avez toujours le temps de faire un test ? », interroge-t-il. Thierry Amouroux abonde dans ce sens : « après un accident, le patient pourra bien évidemment se rendre aux urgences… Tandis ses proches devront s’arranger pour trouver un test PCR le plus rapidement possible, ce qui n’est pas toujours évident ».

Laurent Frémont rappelle enfin que la situation reste la même dans les Ehpad, où les résidents ont beaucoup souffert de l’isolement depuis le début de la pandémie. Ces établissements ont pourtant un statut ambivalent : ils pourraient être considérés comme des lieux de résidence. C’est en tout cas ce que suggère l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées, qui alerte sur la nécessité de maintenir des liens sociaux et familiaux pour une population vaccinée à près de 90 %.

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