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vendredi, août 12, 2022

deux jours de débats «électriques» dans l’Hémicycle

RÉCIT – Réunis pour examiner le projet de loi relatif à la crise sanitaire, les députés se sont livrés à d’intenses débats. Le passe sanitaire a finalement été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, par 132 voix contre 106.

Devant les bancs chargés de l’Assemblée nationale, Cédric O prend la parole. «C’est soit passe sanitaire, soit nouvelles contraintes sanitaires. C’est soit passe sanitaire, soit couvre-feu. (…) C’est soit passe sanitaire, soit reconfinement. Le reste, c’est de la littérature», martèle le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, avant d’être applaudi – et hué – par les parlementaires.

À sa gauche, l’élue Insoumise Caroline Fiat crie au «chantage». À sa droite, le député Les Républicains Patrick Hetzel accuse le gouvernement de «diviser la nation». Au centre, des membres de la majorité tentent de tempérer. «Il n’est plus besoin de démontrer que le Parlement joue un rôle incontournable», assure le rapporteur macroniste du texte, Jean-Pierre Pont.

La scène, «électrique», illustre l’intensité des débats qui ont occupé les parlementaires durant deux jours. Devant les quelque 1000 amendements à examiner – accordant chaque fois à leurs auteurs un temps de parole – les élus ont été contraints de jouer les prolongations, en décalant notamment l’examen du projet de loi séparatisme à vendredi. Avec un impératif: adopter les nouvelles mesures sanitaires dans la nuit de jeudi à vendredi pour permettre à la navette législative de suivre son cours.

Extension du passe sanitaire «inapplicable» selon Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), «solutions bancales qui crispent la société» pour la socialiste Valérie Rabault, «mesures arbitraires» et «incohérence totale» d’après la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen…

Les deux jours de discussions ont aussi obligé les membres du gouvernement à assurer le service après-vente de leurs mesures. «Plus nous tardons, (…) plus nous risquons de nous retrouver au pied d’un mur épidémique» a mis en garde le ministre de la Santé, Olivier Véran.  Si le virus pouvait nous regarder, je pense que ce soir, il serait assez content et il se servirait une petite bière, a-t-il encore lancé. Gouverner, c’est faire des choix qui ne nous plaisent pas. C’est ça, le courage en politique.»

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Échanges vifs

Des échanges vifs qui ont fait souffler certains élus. «On perd du temps, on est dans un débat complètement déconnecté de la réalité et des inquiétudes des Français», s’est plainte auprès du Figaro l’élue LREM Cendra Motin. Face aux critiques de l’opposition, la députée de l’Isère dénonce des «postures politiques». «C’est hallucinant car il y a un consensus sur la question. Tous les groupes politiques ont été consultés, fustige-t-elle. On a l’impression de se faire taper dessus par tout le monde. On n’est pas épuisés, mais on est nerveusement fragiles», déplore la Marcheuse.

Paroxysme de la tension au sein du Palais Bourbon, une suspension de séance a été réclamée après l’intervention de Martine Wonner, récemment exclue de son groupe Libertés et Territoires pour avoir appelé à «envahir les permanences des parlementaires» en signe d’opposition au projet de loi. «Mes chers collègues vous êtes totalement hors sol!», a-t-elle asséné sous les huées des élus de tous bords. «Elle dit n’importe quoi, elle est complètement cinglée», s’est emporté en privé un habitué du Parlement.

Bien qu’intenses, les débats n’ont toutefois rien eu d’«excessif» selon le vice-président socialiste de l’Assemblée, David Habib, qui a présidé une partie des séances. «Chez les Français, tout le monde se sent concerné et a envie de faire connaître son opinion. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait un tel intérêt dans l’Hémicycle», observe-t-il. Et d’ajouter: «C’est une vraie agora avec des expressions variées sur un sujet capital. Quand vous avez plus de 400 députés encore présents en pleine nuit, c’est qu’il se passe quelque chose.»

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