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vendredi, août 12, 2022

faut-il craindre de faire vacciner son ado ?

Emmanuel Macron l’a annoncé le 12 juillet : le passe sanitaire sera obligatoire dès la fin du mois pour entrer dans les lieux de culture de plus de 50 personnes, comme les cinémas, et dès le début du mois d’août pour entrer dans les restaurants et autres centres commerciaux. Les 12-17 ans seront concernés à partir du 30 septembre.

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« Pour les collégiens, les lycéens, les étudiants, des campagnes de vaccination spécifiques seront déployées dans les établissements scolaires dès la rentrée », a en outre déclaré le président. Depuis la mi-juin, les adolescents peuvent recevoir deux doses de vaccin Pfizer BioNTech – le seul autorisé pour cette tranche d’âge – munis d’une autorisation de leurs deux parents. Au 11 juillet, 19,3 % des 12-17 ans avaient déjà reçu une première dose, d’après Santé publique France. Les adolescents sont désormais eux aussi quasiment contraints à la vaccination : il sera difficile pour les parents de s’y soustraire.

Une catégorie d’âge moins à risque

Au-delà du consentement – indispensable – des adolescents, c’est celui des parents qui est au cœur du processus : en juin, seuls 63 % des parents ayant un enfant âgé de 12 à 18 ans y étaient favorables, selon l’enquête CoviPrev (1). Karine, mère de famille de 51 ans et vaccinée, a beaucoup hésité pour sa fille de 17 ans, avant de s’y résoudre à contrecœur. « Les jeunes sont moins sujets à des formes graves », invoque-t-elle comme premier motif de doute. Les chiffres lui donnent raison : en France, les moins de 18 ans représentent 1,1 % du total des hospitalisations et 0,9 % du total des admissions en soins critiques depuis mars 2020, relevait la Haute Autorité de santé dans son avis.

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Les adolescents n’étant pas une population à risque, le rapport coût-bénéfice de leur vaccination interroge. Surtout, alors que seule une petite majorité de Français avaient reçu une première dose le 8 juillet, ne vaccine-t-on pas les adolescents à la place des adultes qui refuseraient de le faire ? « Est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de la vaccination (ou de la difficulté d’y accéder) d’une partie de la population adulte ? », demandait le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dans un avis daté du 9 juin.

Se vacciner pour un « retour à une vie et à une scolarité normales »

Pour le docteur Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l’hôpital de Créteil, la question ne se pose plus depuis l’apparition de variants très contagieux. « Quand le virus initial est arrivé, on estimait qu’il fallait que 60 à 70 % de la population soient immunisés pour contrôler la maladie, explique-t-il. Aujourd’hui, il faut atteindre 90 % de la population pour y parvenir. » Même si tous les adultes étaient vaccinés, cela ne suffirait donc pas à obtenir l’immunité collective.

Au niveau individuel, « le bénéfice direct le plus important pour les adolescents réside dans le retour à une vie et à une scolarité normales », estime-t-il. Cette année, la scolarité des collégiens et des lycéens a été durement affectée par les fermetures de classes, et l’alternance du présentiel et du distanciel. L’apprentissage en a pâti, mais aussi leur santé mentale. « Il faut s’imaginer ce qu’on fait vivre à nos adolescents », reprend le pédiatre, avant d’énumérer : « Le sentiment de culpabilité, l’impossibilité de se réunir, de rencontrer des copains… »

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Cette année, les professionnels ont alerté sur l’augmentation des troubles anxieux et des signes de dépression chez les plus jeunes. Enfin, le risque de développer une forme grave de la maladie, s’il est minime, existe. Celui des Covid-19 longs également, même s’il n’est pas encore « très étudié chez l’adolescent et l’enfant », relève Robert Cohen.

« Pas de risque connu à long terme »

Qu’en est-il des risques ? « Nous n’avons pas de recul sur les effets secondaires à moyen et long terme de ce nouveau vaccin », s’inquiète Karine, mère de famille. « Des cas de myocardite ont été observés essentiellement après la deuxième injection d’un vaccin à ARN messager chez des jeunes adultes, particulièrement des hommes », rapporte Antoine Pariente, pharmacologue, responsable du centre régional de pharmacovigilance de Bordeaux, chargé du suivi des effets indésirables du vaccin Pfizer-BioNtech.

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Aux États-Unis, où plus de 50 millions de doses de vaccins Pfizer et Moderna avaient été administrées à des personnes de 12 à 29 ans au 11 juin, 323 cas de myocardite ou de péricardite avaient été confirmés. En France, pour plus de 45 millions d’injections du vaccin Pfizer-BioNtech, 64 cas de myocardites ont été répertoriés jusqu’au 8 juillet, selon l’ANSM. Cette inflammation du muscle cardiaque connaît une évolution favorable dans la très grande majorité des cas, mais requiert tout de même une hospitalisation.

Quant à la sécurité à long terme, elle ne constitue pas un motif d’inquiétude. « Aucun élément scientifique ne fait aujourd’hui craindre un tel risque », développe Antoine Pariente. De fait, « les effets indésirables des vaccins apparaissent très rapidement, au plus tard dans les mois qui suivent. À ce jour, il n’y a pas de risque connu qui survienne à long terme ». Sur un point, les parents peuvent être rassurés : jamais dans l’histoire, la sécurité d’un vaccin n’avait été surveillée à une telle échelle.

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