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vendredi, août 12, 2022

à Argelès-sur-Mer, les touristes s’adaptent aux nouvelles restrictions

Micro-casque sur les oreilles et devant la bouche, les deux hôtesses d’accueil du camping cinq étoiles « Le Dauphin », à Argelès-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales, répondent patiemment aux nombreux appels des futurs vacanciers. « Le port du masque est obligatoire dans les allées, la fermeture du bar et du restaurant est à 23 heures », annonce l’une d’elles, d’une voix aussi rassurante que possible.

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Dans ce département où le taux d’incidence atteignait ce mardi 20 juillet, 393 pour 100 000 habitants, de nouvelles restrictions sanitaires ont été mises en place par arrêté préfectoral le 18 juillet, dont la fermeture des bars, des restaurants et des établissements de plage dès 23 heures. Des mesures qui pourraient être prises dans d’autres départements, si l’épidémie continue sa rapide envolée.

Cet arrêté préfectoral n’est pas un couvre-feu. « Pour l’instant, les réservations résistent. Nous n’avons eu, au total, que quatre ou cinq annulations, constate prudemment le directeur du camping, Paul Bessoles, également président de la fédération de l’hôtellerie de plein-air des Pyrénées-Orientales. Chez nos adhérents, c’est pareil, heureusement… »

Circulant dans les allées bordées de lauriers roses et blancs, les résidents portent plus ou moins le masque. « Des affichettes rappelant l’obligation de le porter vont être ajoutées », prévoit le directeur. Cet été, dans cet établissement qui accueille quelque 1 200 personnes par semaine, les soirées dansantes et les animations en intérieur ont été, encore, déprogrammées.

Ni restaurant, ni rue piétonne

Casquette vissée sur un front rougi par le soleil, Dominique joue à la pétanque avec ses enfants et son petit-fils. Originaire de Champagne, la famille Guiborat a débarqué dimanche 18 pour une dizaine de jours. « On a réservé il y a plus de deux mois. On a été brimé toute l’année. Même avec ce taux, on n’a jamais pensé annuler, assure le grand-père. Le besoin de vacances est plus fort. » Ce soir, ils remettront le masque pour emmener le petit-fils au Luna Park.

Dans la station balnéaire, les vacanciers s’adaptent. Corinne et James Rigault, arrivés la veille de Loir-et-Cher, dévalisent les présentoirs de l’office du tourisme. « Cette année, nous n’irons pas dans les restaurants de bord de mer où il y a beaucoup de monde, ni dans les petites rues piétonnes. On cherche des idées de balades dans les terres », prévoit ce couple, vacciné depuis le printemps. « Je suis à risque, donc je n’ai pas voulu annuler mais on change le programme de nos journées », précise le compagnon.

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Vendredi prochain, la fête très attendue du Racou, un quartier typique, a été annulée par la mairie tandis que le centre de vaccination de la commune a élargi ses horaires, avec et sans rendez-vous. À Argelès-sur-Mer, en juillet et août, la population, habituellement de 10 000 habitants, est multipliée par dix, au minimum.

Des employés testés « en attendant la 2e dose »

Dans la rue, le port du masque n’est pas toujours respecté. Ce mardi après-midi, le thermomètre affiche 34 degrés. Les touristes sont présents, mais « moins nombreux que la semaine dernière », observe Paulo Guerreiro, gérant d’un magasin de vêtements à l’angle d’une rue très passante. Il est membre du bureau de l’association des commerçants. « On fait gaffe. Les clients ne rentrent pas sans le masque et mes employés se font tester en attendant leur deuxième dose du vaccin », avertit le commerçant. Derrière lui, un large panneau rouge rappelle les gestes barrières. Son commerce ne s’en sort pas trop mal, mais la saison ne fait que commencer. « On va s’en sortir », lance-t-il, optimiste.

Face à la mer, Julien Gallos est beaucoup moins confiant. Son restaurant-club de plage « Nouvelle Vague » perd, depuis le dernier arrêté, près de 2 000 € par jour, assure-t-il. 100 couverts, 70 transats, 16 employés à gérer… « La réorganisation des horaires du personnel, leur mise au chômage partiel à 23 heures sans indemnité, l’annulation des mariages… Forcément, c’est une catastrophe », se désole le patron. Mercredi 21 juillet, le passe sanitaire entre en vigueur. À l’entrée du restaurant, le QR Code et les règles à respecter sont déjà affichés. « J’ai anticipé, mais je préviens : je ne pourrai rien faire de plus. »

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