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vendredi, août 12, 2022

En Bulgarie, le spectre d’une nouvelle impasse politique

La Bulgarie va-t-elle enfin parvenir à former un nouveau gouvernement ? La question occupe tous les esprits, alors que les parlementaires bulgares se réunissent mercredi 21 juillet pour la première fois depuis les élections législatives anticipées du 11 juillet. Le président Roumen Radev devrait demander à Slavi Trifonov, qui a remporté le scrutin à la tête du parti « Il y a un tel peuple » (ITP), de constituer un gouvernement.

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La tâche s’annonce difficile. Créditée de 24 % des suffrages, la formation antisystème obtiendrait 65 sièges sur les 240 que compte le Parlement bulgare. Un nombre insuffisant pour pouvoir composer un nouveau gouvernement car ce dernier ne bénéficierait pas du soutien de la majorité des parlementaires.

Manque de concertation

Au lendemain des élections, Slavi Trifonov avait pourtant annoncé, sans concertation avec les autres partis, la formation d’un gouvernement minoritaire. La star de la chanson bulgare reconvertie dans la politique avait alors choisi l’ancien ministre Nikolay Vasilev pour le poste de premier ministre.

La classe politique n’a pas tardé à réagir à ces annonces surprises. En particulier les leaders des deux petits partis Bulgarie Démocratique (droite, 10 % des voix) et Debout ! Mafia dehors (gauche, 5 % des voix) sur lequel le leader de l’ITP comptait. « Il est évident qu’il ne veut pas de notre soutien », a réagi Hristo Ivanov, chef de file de Bulgarie Démocratique, refusant de se coaliser avec l’ITP sans discussion préalable.

Face au tollé déclenché par ces déclarations, l’ITP a fait machine arrière. Toshko Yordanov, l’un des leaders du parti, a ainsi accepté de discuter avec les deux petites formations. Dans le même temps, Slavi Trifonov a annoncé le retrait de la nomination de Nikolay Vasilev au poste de premier ministre, son image ayant été ternie par des accusations de corruption.

Un paysage politique fragmenté

Mais même avec le soutien de ces deux partis, la coalition n’atteindrait pas les 121 sièges synonymes de majorité. En cas d’échecs répétés à former un gouvernement dans les jours à venir, de nouvelles élections pourraient être organisées. Il s’agirait des troisièmes cette année. « Cela signifierait un retour à la case départ, indique Jacques Rupnik, directeur de recherche émérite au Centre de recherches internationales de Sciences-Po (CERI). Les dirigeants politiques bulgares doivent faire preuve de responsabilité pour ne pas mener le pays dans une nouvelle impasse politique. »

Un gouvernement minoritaire pourrait tout de même être investi en cas de forte abstention de la part des parlementaires. « Le problème, c’est que ce gouvernement serait faible, observe le spécialiste. Or, la Bulgarie a besoin d’un pouvoir fort pour mettre en place les réformes promises en matière de lutte contre la corruption. »

S’il est formé, le gouvernement serait relativement facile à renverser, laissant planer l’ombre d’une instabilité politique chronique. Retrouver un gouvernement capable de diriger le pays est primordial mais le problème est plus profond, selon Jacques Rupnik : « La fragmentation du paysage politique bulgare est un phénomène structurel. L’équilibre qui tenait sur les deux grands partis traditionnels de gauche et de droite est rompu. Une recomposition est nécessaire pour retrouver une forme de stabilité. »

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