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vendredi, août 12, 2022

des milliers de manifestants à nouveau dans la rue

Plusieurs milliers de Colombiens sont à nouveau descendus dans la rue mardi 20 juillet pour protester contre le gouvernement du président Iván Duque et réclamer au Parlement, qui ouvre une nouvelle session, des réformes pour plus de justice sociale et contre la répression policière.

«J’espère que ce Parlement va enfin à légiférer en faveur des intérêts de tout le peuple colombien et pas seulement d’un groupe d’individus qui s’enrichissent», a déclaré à l’AFP Ivan Chaparro, un dentiste de 46 ans, au milieu d’une manifestation festive dans le centre de Bogotá. «Nous nous battons pour faire valoir nos droits en matière de santé, d’éducation et de non-violence», a ajouté Noelia Castro, une enseignante de 30 ans. «On ne peut rester indifférent à l’injustice, au fait qu’on tue des étudiants parce qu’ils manifestent, qu’on les agresse comme s’ils étaient des terroristes», estime Jeanneth Gomez, une enseignante de 59 ans.

Le Comité national de grève, initiateur de la mobilisation fin avril, mais qui n’en représente pas toutes les composantes, a appelé à la reprise des rassemblements après plus d’un mois de pause. Les protestataires exigent plus de justice sociale, une réforme de la police, accusée de réprimer brutalement les manifestations, et un État plus solidaire face aux dégâts sociaux causés par la pandémie. Quelque 42 % des 50 millions de Colombiens vivent désormais dans la pauvreté. Composé d’étudiants, d’associations indigènes et sociales, le Comité avait suspendu ses mobilisations le 15 juin. Plusieurs semaines de pourparlers avec le gouvernement n’ont abouti à rien.

Les forces de l’ordre ont fermé les accès au siège de la présidence et du Parlement. La veille, le gouvernement avait annoncé le déploiement de 65.000 militaires et policiers dans le pays en prévision des manifestations qu’il accuse d’être infiltrées par des dissidents de l’ex-guérilla des Forces armée révolutionnaires de Colombie (FARC) et des rebelles de l’Armée nationale de libération (ELN), dernière guérilla active dans le pays. Plus de 60 personnes ont été tuées et plusieurs milliers d’autres blessées depuis le 28 avril, selon le bureau de la Défense du peuple, un organisme public chargé de veiller au respect des droits humains.

Le gouvernement d’Iván Duque, au pouvoir depuis 2018, a été confronté à plusieurs vagues de contestation. La dernière a débuté fin avril pour protester contre un projet d’augmentation de la TVA et d’élargissement de la base de l’impôt sur le revenu, depuis retiré. Mardi, le président de droite, dont l’impopularité s’élève à 76%, a inauguré la nouvelle session parlementaire qui va devoir débattre d’une nouvelle réforme fiscale. «Les voix dans la rue nous les entendons et elles doivent nourrir le débat, mais vous êtes convoqués par l’histoire pour être les porte-parole d’un pays en pleine transformation», a-t-il déclaré.

Pour cette nouvelle réforme, le gouvernement a renoncé aux points les plus polémiques et espère récupérer 3,9 milliards de dollars dans les caisses de l’État. Le précédent projet prévoyait une rentrée de 6,3 milliards de dollars. Il avait été le détonateur de la colère des Colombiens et avait valu au ministre des Finances, Alberto Carrasquilla, de démissionner.

Un projet de réforme de la police, annoncé mi-juin par Iván Duque, doit également être débattu au Parlement. Mais il est considéré comme insuffisant par les protestataires qui réclament que la police ne dépende plus du ministère de la Défense.

Les élections législatives auront lieu en mars et la présidentielle en mai 2022.

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