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dimanche, août 7, 2022

Un ancien membre des Brigades Rouges arrêté en France

La terrasse du restaurant de Maurizio Di Marzio, contrairement aux autres, n’a pas rouvert le 19 mai. Ce jour-là, le rideau de fer de sa Taverna Baraonda est demeuré baissé, vision insolite dans un Paris déconfiné. Pour toute explication, une feuille volante scotchée à la vitrine, indiquant une fermeture « pour raisons sanitaires » depuis le mois de mars, ou d’avril : les versions des voisins varient, tout comme leur connaissance de la réalité de la situation. « Un client m’a dit qu’il y avait eu une perquisition, soufflait ce jour-là une commerçante. Il paraît qu’il est en fuite. Vous l’auriez vu… ce n’est pas le genre, pourtant ! »

→ DÉBAT.Le temps est-il venu de solder le contentieux sur les Brigades rouges ?

Maurizio Di Marzio est un ancien membre des Brigades Rouges, organisation d’extrême gauche italienne impliquée dans plusieurs attentats violents de l’autre côté des Alpes dans les années 1970 et 1980. Installé en France depuis les années 1990, il fait partie d’un groupe de dix anciens militants italiens réclamés de longue date par Rome. Sept d’entre eux ont été arrêtés le 28 avril. Deux autres se sont présentés d’eux-mêmes aux autorités. Seul Maurizio Di Marzio manquait encore à l’appel. Il a finalement été arrêté le 19 juillet, a confirmé à La Croix la cour d’appel de Paris, sans préciser le lieu de son interpellation.

« C’est prescrit, c’est fini, il va reprendre sa vie normale »

Sentant le vent tourner, ce restaurateur de 63 ans avait pris la clé des champs à la fin du mois d’avril. Son départ en cavale l’a placé dans une situation singulière du point de vue du droit. Son mandat d’arrêt devant initialement expirer le 10 mai, il était censé pouvoir se tirer d’affaire à condition d’échapper jusqu’à cette date aux recherches de la police. Une course contre la montre gagnée en apparence, ce que n’a pas manqué de noter la presse italienne. « L’ancien Brigade Rouge Maurizio Di Marzio est libre », titrait le 10 mai, l’agence de presse italienne ANSA. « C’est prescrit, c’est fini, il va reprendre sa vie normale », assurait à La Croix son avocate, Irène Terrel.

Las, « la donne a changé au début du mois de juillet », confie une source judiciaire. « Un arrêt italien a indiqué au début du mois de juillet que la prescription n’était pas acquise », contrairement à la première interprétation. Les recherches ont repris, aboutissant à l’arrestation de Maurizio Di Marzio. En rétention judiciaire pour une durée maximale de 48 heures, il sera présenté à la cour d’appel de Paris, qui doit décider de son éventuelle détention provisoire ou d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. « Je suis très choquée, c’est tout à fait anti-juridique », a réagi maître Irène Terrel, qui dénonce une prescription fluctuant « au gré de décisions politiciennes ».

Cinq ans et neuf mois, reliquat d’une peine de 14 ans de prison

Maurizio Di Marzio est réclamé par l’Italie pour l’exécution du reliquat (cinq ans et neuf mois) d’une peine de 14 ans de prison, notamment pour son rôle dans la tentative d’enlèvement en 1982 d’un vice-préfet de police de Rome, Nicola Simone, grièvement blessé dans l’attaque. « J’ai fait des tas de choses stupides et je ne les referais pas, mais j’ai changé », avait-il confié au magazine italien Panorama en 2013, se disant « persécuté » par les autorités de son pays.

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