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samedi, août 13, 2022

En Guadeloupe, le casse-tête des eaux usées

Ce sont les bancs de poissons morts, flottant à la surface de la mangrove, qui ont provoqué l’alerte. Depuis le dimanche 11 juillet, la plage du Helleux à Sainte-Anne, prisée des surfeurs et des touristes, est interdite d’accès par la municipalité. Aussitôt dépêchés, les agents de l’Office français pour la biodiversité (OFB) y ont réalisé des prélèvements pour découvrir les causes de la pollution, ainsi qu’une potentielle infraction.

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Dans leur viseur : la station d’épuration située à quelques mètres, dont l’OFB a constaté des rejets dans le milieu environnant. Le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste, a fait un signalement « quant au dysfonctionnement de ce poste de refoulement des eaux usées ». Il réclamait à l’Agence régionale de santé une analyse de l’eau depuis le 19 août 2020.

Manque de moyens et d’expertise

La défaillance des stations d’épuration constitue un problème généralisé en Guadeloupe. D’après l’Observatoire de l’eau, 67 % des plus grosses stations de traitement n’étaient pas aux normes en 2018. Soit 77 % du total des eaux usées traitées sur le territoire.

« On l’explique par un faisceau de facteurs, mais la raison récurrente est un défaut d’entretien. On ne se donne pas les moyens financiers de remplacer les pièces qui cassent », précise Guillaume Steers, chef du pôle eau de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL). Les collectivités sont à sec et peinent à équilibrer leurs services. Ainsi, si une station d’épuration fonctionne jusqu’à 40 ans en France, sa durée de vie atteint à peine 13 ans en Guadeloupe.

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« Dès la conception, nous souffrons d’un profond manque d’expertise », ajoute Guillaume Steers. Dernier exemple en date, une station d’épuration, inaugurée dans le nord de Basse-Terre, pour un coût total de 13 millions d’euros, qui… ne fonctionne pas. « Plutôt qu’une filtration à sable classique, on a fait le choix d’un système de membrane, qui ne résiste ni à la chaleur, ni au PH de l’eau », regrette Guillaume Steers.

Hasard de calendrier, le rapport de la commission d’enquête parlementaire « relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences », présidée par la députée insoumise Mathilde Panot, vient d’être adopté à l’unanimité, ce jeudi 15 juillet. Il consacre à l’outre-mer une place de choix et fait de l’assainissement en Guadeloupe « un objectif prioritaire ».

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