©Copyright » Politique de confidentialité » ✆Contacts

mercredi, août 10, 2022

Liverpool et la Grande barrière de corail vers un déclassement

Après une interruption d’un an, Covid oblige, le Comité de l’Unesco se réunit à partir de ce vendredi à Fuzhou (Chine) pour inscrire de nouveaux sites. Et en sortir probablement d’autres de sa liste.

Les dossiers sont nombreux cette année pour le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, cumulant en raison du Covid, ceux de 2020 et de 2021, et certains sont délicats, comme le possible retrait de la Liste de deux sites : Liverpool, au Royaume-Uni, et la réserve de Selous, en Tanzanie. Seuls deux sites ont déjà fait l’objet d’un tel retrait.

Liverpool et son caractère emblématique de l’ère industrielle figure déjà depuis 2012 sur la liste du patrimoine en péril mais projets d’aménagements et d’urbanisme se sont poursuivis, au point de lui faire perdre son authenticité, estiment les experts.

Non moins sensible: le placement sur la liste des sites en danger, entre autres, de la Grande barrière de Corail en Australie qui a suscité de vives réactions dans ce pays.

Au total, à partir du 18 juillet selon un programme provisoire, le Comité réuni en ligne sous la présidence, depuis Fuzhou, de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’éducation et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco, examinera l’état de conservation de 255 sites déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

53 d’entre eux figurent déjà sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Pourraient les y rejoindre, outre la Grande Barrière, Venise, affectée, entre autres facteurs, par le tourisme de masse, et Budapest, en particulier les rives du Danube et le quartier du château de Buda, pour des démolitions «inopportunes» et des reconstructions à grande échelle notamment.

Pour sa part, mettant en avant ses accomplissements pour le «récif le mieux géré au monde», l’Australie a bataillé ferme contre sa possible mise en péril préconisée par les organismes consultatifs. Ces derniers l’estiment atteinte par le changement climatique – «sa plus grave menace»-, la pollution des eaux, les activités humaines. La grande barrière, inscrite depuis trente ans sur la liste du Patrimoine mondial, s’est fortement détériorée, victime notamment de plusieurs épisodes de blanchiment massif de ses coraux.

Procédures «strictement suivies»

Des scientifiques ou ONG environnementales se sont félicités de cette recommandation mais Canberra a de son côté reçu le soutien d’une douzaine d’ambassadeurs auprès de l’Unesco, dont celui de l’Australie mais aussi de la France.

Au nombre des reproches faits à l’Unesco en Australie, figure l’absence de mission récente sur le site. Cependant, l’Unesco fait valoir que les procédures ont été «strictement suivies». Les organismes consultatifs basent leurs conclusions sur des études scientifiques et techniques, y compris des expertises fournies par les États eux-mêmes.

Un processus que Canberra connaît bien : alors que l’Australie était membre du Comité du patrimoine, deux sites avaient été mis sur la liste en danger sans avoir accueilli de mission depuis, respectivement, huit et trois ans : les forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar) en 2010 et les Parcs nationaux du Lac Turkana (Kenya) en 2018.

Par ailleurs, mise en danger ne signifie pas sanction. Au contraire, cela peut aider à la mobilisation de ressources pour la sauvegarde du site, souligne-t-on à l’Unesco. Cela implique aussi un suivi renforcé de l’Unesco, avec des rapports annuels sur l’évolution de la situation.

En outre, la mesure est réversible comme peut en témoigner le Belize sa barrière de corail, la deuxième plus grande au monde après celle de l’Australie, a été retirée en 2018 de la liste du patrimoine en danger où elle figurait depuis 2009.

Vers le 24 juillet, le Comité du patrimoine (réuni jusqu’au 31 juillet) commencera à étudier les nouveaux sites qui pourraient intégrer la Liste du patrimoine mondial. Certaines de ces propositions d’inscription (près d’une cinquantaine) pourraient ne pas aboutir si le Comité, composé des représentants de 21 États parties, suit les recommandations des organismes consultatifs. Il en irait ainsi de «Nice capitale du tourisme de riviera» proposé par la France, pour laquelle les experts ont préconisé un report.

Toutefois, si les recommandations étaient massivement suivies, les discussions se sont faites plus denses au fur et à mesure que la liste a grandi – atteignant 1.121 sites de 167 pays inscrits aujourd’hui – et le suivi des préconisations moins automatique.

Autres articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici