©Copyright » Politique de confidentialité » ✆Contacts

mercredi, août 10, 2022

le malaise de nombreux parents d’ados

Il y a ceux qui, sans être particulièrement inquiets, se posent des questions. Et ceux, franchement mal à l’aise qu’on les pousse à la vaccination de leur adolescent. Surtout depuis les annonces d’Emmanuel Macron du 12 juillet, et les contraintes du passe sanitaire qui se profilent. Certes, pour les 12-17 ans, elles ne s’appliqueront qu’à partir du 30 août. Mais tout de même : cela laisse peu de temps pour réfléchir.

→ À LIRE. Covid-19 : les 12-17 ans exemptés de passe sanitaire jusqu’au 30 août

« Je suis pour la vaccination, témoigne Anne, dont le fils Eliott aura 12 ans à l’automne. Je suis moi-même vaccinée, mon mari aussi, mais c’est vrai que ce n’est pas la même chose pour les plus jeunes. J’espère qu’il n’y aura pas d’effets secondaires, qu’Eliott ne va pas faire une myocardite, par exemple ». Anne a beau savoir que ce genre de complications est très rare, « on n’a pas envie que ça tombe sur notre enfant… Je ne m’inquiète pas outre mesure, mais j’y pense », reconnaît cette habitante de la proche banlieue parisienne.

Avec le resserrement des contraintes, l’agacement pointe aussi. « On nous pousse à vacciner nos ados, parce qu’il y a des adultes qui refusent d’en passer par là, c’est assez injuste », poursuit cette mère de 43 ans. L’argument est de poids. Et figurait parmi les nœuds éthiques soulevés par l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur la vaccination des jeunes, le 9 juin. « Il est en effet dommage que l’on soit obligé d’en arriver là, d’autant que les bénéfices directs pour les adolescents sont très faibles », appuie Alexandra Benachi, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Antoine Béclère de Clamart et rapporteure de l’avis. La médecin se montre néanmoins rassurante, face aux parents inquiets.

→ À LIRE. Covid-19 : vers une quarantaine obligatoire inscrite dans la loi

Le sentiment d’être « acculé »

« Il faut d’abord rappeler qu’il n’y a pas eu d’alerte sur la vaccination des adolescents, donc on ne doit pas craindre les sur-risques, poursuit-elle. Ensuite, il est très important de bien informer son ado : être clair sur le fait qu’il se vaccine pour les autres, sans véritable bénéfice pour lui-même – sauf s’il souffre de comorbidités. Et ne pas lui vendre du rêve : il peut très bien y avoir un nouveau variant qui oblige à reconfiner, on ne peut pas garantir le contraire, même avec la couverture vaccinale ». Il en va de la confiance des jeunes dans la société, insiste la gynécologue qui, par ailleurs, balaie les rumeurs sur un possible impact du vaccin sur la fertilité des jeunes filles. « Cela n’a aucun sens médical, il n’y a aucune crainte à avoir là-dessus », assure-t-elle.

→ ANALYSE. Covid-19 : les contours de la vaccination pour les ados

Quoi qu’il en soit, Sidney, lui, ne décolère pas. Père de six enfants, dont deux adolescents de 14 et 15 ans, il a le sentiment d’être acculé à une décision allant à l’encontre de ses convictions. « Ma fille de 4e doit aller au cinéma avec ses copines ce week-end. Mais en septembre ? Sans vaccin, faudra-t-il qu’elle reste à la maison ? s’insurge cet ingénieur informatique de 40 ans. Si au moins, on nous donnait une limite de temps pour le passe sanitaire, six mois voilà, on sait… mais même pas. »

Pour lui, les incertitudes sur le vaccin à ARN messager sont bien trop grandes, notamment « la toxicité à long terme. Et pourtant, on veut me forcer à l’inoculer à mes enfants », proteste le père de famille, qui assure ne pas être anti-vaccin pour autant. « Je suis vacciné pour d’autres maladies, mais là, on manque complètement de recul », poursuit-il, en relevant un paradoxe : « Pour l’IVG, on dit c’est mon corps, c’est mon droit, et là, plus du tout… ». L’enjeu de l’immunité collective ne suffit pas à le convaincre, car, estime-t-il, « il y a d’autres leviers pour lutter contre le Covid, comme les traitements, que l’on n’explore pas suffisamment ». À la rentrée, « dans la limite de (ses) moyens », il optera pour les tests PCR pour ses deux adolescents.

Autres articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici