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samedi, août 13, 2022

la communauté LGBTI en ordre de bataille

Le meurtre du jeune Samuel, un aide-infirmier brésilien de 24 ans, homosexuel, battu à mort par une meute de dix personnes début juillet aux abords d’une boîte de nuit de La Corogne, n’en finit pas de secouer l’Espagne. Ses proches affirment que ses agresseurs ont agi par homophobie en le traitant de « pédé ». La police, de son côté, après avoir arrêté six personnes dont deux mineurs, maintient toutes les hypothèses ouvertes.

Remontée des délits d’homophobie

En attendant, la mobilisation ne faiblit pas. Plusieurs manifestations se sont produites très vite après l’assassinat de Samuel, dans plusieurs villes du pays. « Ce crime marque un avant et un après, enfin on parle vraiment du délit de haine », relève Raul Gonzalez, vice-président de la fondation Triángulo, fondée en 1996 pour obtenir l’égalité des droits politiques et sociaux des gays, lesbiennes, bi-sexuelles et trans. « Jusqu’à maintenant, on nous répétait la litanie habituelle, que nous avions tout conquis avec la loi sur le mariage homosexuel en 2005, mais du coup cela nous empêchait de parler de nos difficultés quotidiennes », fait remarquer Raul Gonzalez.

Les dernières statistiques disponibles du ministère de l’intérieur ne font pas état d’une augmentation des délits d’homophobie entre 2018 et 2019, mais la fondation Triángulo assure qu’elle constate une remontée. « Entre janvier et juin, nous avons reçu plus de plaintes que durant toute l’année 2020, non seulement parce que les personnes dénoncent plus mais parce qu’il y a aussi plus de cas. Nous ne percevons que la partie émergée de l’iceberg, car 85 % des attaques ne sont pas dénoncées », estime le vice-président de la fondation Triángulo.

« Consensus élevé autour du rejet des délits homophobes »

Malgré cet assassinat dramatique, le mouvement LGBTI estime que ces mobilisations massives ont au moins « montré qu’un consensus élevé existe autour du rejet des délits homophobes au sein de la société ». La fondation Triángulo, qui organise, en dehors des cours, des conférences-ateliers dans des écoles, a noté l’évolution. « Depuis la fin des années 2000, nous voyons bien que parmi la jeunesse en général, il n’est plus acceptable de traiter quelqu’un de « pédé ». » Mais l’arrivée du parti d’extrême droite Vox dans la vie politique, a perturbé cette évolution. Certains collectifs commencent à le remarquer même chez certains élèves. « Vox nie la réalité de la discrimination de notre collectif comme s’il s’agissait d’un artifice brandi par d’autres partis politiques pour obtenir plus de votes », explique le vice-président de Triángulo.

→ EXPLICATION. La Hongrie veut réprimer la « promotion » » de l’homosexualité

La formation d’extrême droite place en grande partie sa stratégie sur l’une de ses batailles idéologiques : le « code PIN parental » qui permettrait de demander aux parents d’élèves une autorisation à chaque fois que l’école organise une activité autre qu’un cours, notamment sur des questions morales socialement controversées ou sur la sexualité. Une demande qui se résume à un débat dialectique. Selon la loi, il est impossible d’installer une telle mesure, qui n’est pas sans rappeler la législation hongroise de Viktor Orban, jugée homophobe par les dirigeants européens. Santiago Abascal, le leader de Vox, est un fervent défenseur de Viktor Orban, qu’il a rencontré en mai dernier.

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