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dimanche, août 7, 2022

vaccination, contrôles, périmètre… Les questions qui se posent encore

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela va arriver vite. Dès le 21 juillet, la présentation d’un passe sanitaire sera exigée à l’entrée des « lieux de loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes (cinémas, parcs d’attractions, festivals…). Concrètement, il faudra être en possession soit d’un certificat de vaccination, soit d’un test PCR ou antigénique négatif, soit d’un test prouvant que l’on a contracté la maladie il y a minimum onze jours et maximum six mois. Ces documents peuvent être présentés en version papier ou directement dans l’application TousAntiCovid.

Sursis pour les 12-17 ans

Ces nouvelles contraintes s’accompagnent toutefois d’aménagements, souvent décidés en réponse aux inquiétudes suscitées par le discours présidentiel. Le gouvernement a ainsi annoncé que cette obligation ne s’appliquera qu’à partir du 30 août pour les 12-17 ans, afin de ne pas trop perturber leurs vacances.

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Par ailleurs, le délai pour être considéré totalement immunisé est raccourci, passant de 14 à 7 jours. « On ne dispose pas de données qui permettraient d’évaluer la différence de protection entre ces deux délais, mais cela semble un consensus raisonnable entre les impératifs sanitaires et les impératifs économiques ou touristiques », observe Yannick Simonin, virologue à l’université de Montpellier. Au niveau européen cependant, le seuil des 14 jours reste en vigueur pour voyager.

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Une seconde étape aura lieu début août, sous réserve du vote d’un texte de loi, avec l’extension du passe sanitaire obligatoire pour les usagers et salariés des cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite, établissements médico-sociaux mais aussi avions, trains et cars réalisant de longs trajets. Une façon d’accentuer la pression sur les non-vaccinés.

Pas de pénurie de vaccins

Mais y aura-t-il suffisamment de créneaux disponibles, alors que 2,24 millions de Français ont déjà pris rendez-vous sur la plateforme Doctolib depuis les annonces du président Macron ? « Les centres de vaccination continuent d’ouvrir des créneaux », indique-t-on chez Doctolib. Quant aux vaccinateurs, ils devraient être assez nombreux, d’après le docteur Jacques Battistoni, président de MG France. « On a les moyens de faire face à l’augmentation de la demande, qui va rejoindre les moments de pics de la campagne, estime-t-il. Le gouvernement a par ailleurs élargi les catégories habilitées à vacciner, ce qui représente autant de nouveaux bras. »

« Pour le moment, nous gérons sans problème, même si le mois d’août pourrait être plus compliqué », témoigne Luc Dufour, responsable de l’un des centres de vaccination de Saint-Quentin (Aisne), où les rendez-vous de première injection explosent. « À ce rythme, les modélisateurs ont calculé que les 40 millions de vaccinés visés pour la fin août, soit 60 % de la population adulte, seront atteints dans dix jours », rapporte Yannick Simonin.

Mais pour cela, les stocks devront suivre. Selon le gouvernement, 9 millions de doses sont immédiatement disponibles, et les commandes de vaccins continuent d’arriver. « Mais pour le Moderna, utilisé dans les cabinets des généralistes, il y a souvent des retards de livraison », indique Jacques Battistoni, pour qui ces aléas pourraient ralentir la vaccination.

Vert, tout va bien

Ce nouvel engouement pour le vaccin se nourrit évidemment du changement de règles qui va conduire les Français à être contrôlés pour se déplacer, se divertir ou se déplacer. Dans les lieux où le passe sanitaire sera exigé, ce sera à l’exploitant d’assurer le respect des nouvelles contraintes. ­Selon Bercy, cela devrait se faire en reprenant le modèle déjà mis en place à l’entrée des discothèques. Le responsable du lieu, ou ses salariés, devra pour cela charger une application sur son téléphone portable. Baptisée TousAntiCovid Verif, celle-ci permet de scanner le QR code présenté par un client, au format papier ou numérique.

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Si l’écran affiche un logo rouge, le passe n’est pas valide. Vert, tout va bien. Pour préserver un peu le secret médical, l’application n’indique toutefois pas si le feu vert correspond à un client vacciné, muni d’un test négatif ou guéri du Covid. Le vérificateur devra ensuite demander une pièce d’identité, afin de s’assurer que le nom correspond bien avec les données du QR code.

Le problème des vaccinés à l’étranger

L’application ne résout toutefois pas tous les problèmes. Elle fonctionne avec les QR codes au format français ou européen, mais pas pour les touristes extracommunautaires ou les Français vaccinés hors de l’Union. Ceux-ci risquent donc de rester à la porte des restaurants ou des parcs d’attractions. Alerté par les députés représentant les Français de l’étranger, le gouvernement promet de trouver rapidement une solution.

Le périmètre de l’application du passe sanitaire n’est d’ailleurs pas encore totalement fixé. Un des points encore à régler est celui de la taille des centres commerciaux concernés. Et de trouver une solution pour les supermarchés qui y sont implantés. Difficile en effet d’empêcher les citoyens, même non vaccinés, d’aller se ravitailler en produits alimentaires. « L’arbitrage devrait intervenir après une nouvelle réunion de concertation prévue en fin de semaine à Bercy », assure un représentant de la grande distribution.

Les salariés concernés

L’exigence de passe sanitaire vaudra aussi pour les salariés des lieux recevant du public (restaurants, cafés, cinémas, centres commerciaux…). Après concertation, la date à partir de laquelle ceux-ci ne pourront plus exercer leur métier sans présenter leur passe a toutefois été reportée de « début août » au 30 août. En l’état actuel de la législation, un chef d’entreprise n’a en effet aucun moyen de demander une preuve de vaccination ou de test négatif à son salarié, secret médical oblige. Une modification de la loi est donc indispensable.

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À ce stade, la ministre du travail Élisabeth Borne a indiqué, à propos des soignants, contraints, eux, à être vaccinés, que le nouveau texte prévoirait « une disposition particulière de suspension du contrat de travail ». Leur employeur pourrait donc suspendre leur contrat de travail et leur rémunération. Et, en cas de refus persistant, des sanctions disciplinaires, commençant par une mise à pied et pouvant aller jusqu’au licenciement, pourraient être adoptées. La ministre du travail n’a pas précisé si la procédure vaudrait pour les autres secteurs, où la vaccination n’est pas obligatoire.

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Le calendrier

Depuis le 9 juin, le passe sanitaire est obligatoire pour participer aux événements accueillant plus de 1 000 personnes et, depuis le 9 juillet, dans les discothèques.

Le 21 juillet 2021, il sera exigé pour l’accès aux lieux de loisirs et de culture (théâtres, cinémas, musées, concert, stades, parcs d’attractions…) recevant plus de 50 personnes. Les lieux de culte ne sont pas concernés.

Début du mois d’août, après le vote de la nouvelle loi, il deviendra obligatoire dans les bars et restaurants, centres commerciaux, hôpitaux ou maisons de retraite, trains et bus pour les longs trajets.

Le 30 août,il s’appliquera également aux mineurs de 12 à 17 ans et aux salariés des établissements recevant du public.

Le 15 septembre entrera en vigueur l’obligation d’être vacciné pour tous les personnels soignants et ceux qui s’occupent des personnes fragiles.

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Une troisième injection pour les plus fragiles

À partir du mois de septembre, une campagne de rappel sera organisée pour les résidents d’Ehpad ainsi que pour les plus 75 ans et les personnes immunodéprimées. Objectif de cette troisième dose : assurer une immunité optimale, alors que l’automne, plus propice à la circulation du virus, pourrait favoriser la survenue de nouveaux variants. « Les études montrent que les anticorps diminuent progressivement chez les personnes vaccinées. Pour les personnes dont le système immunitaire est moins fort, une troisième injection six à huit mois après la deuxième permet d’avoir une protection supplémentaire », explique Yannick Simonin, virologue à l’université de Montpellier. L’opportunité d’une 3e injection pour l’ensemble de la population n’a pas encore été tranchée.

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