©Copyright » Politique de confidentialité » ✆Contacts

mercredi, août 10, 2022

Quatre questions sur l’euro numérique, alternative aux cryptomonnaies

► Pourquoi un euro numérique ?

La Banque centrale européenne (BCE) veut se positionner face à l’explosion des paiements dématérialisés, qui s’est amplifiée avec la pandémie de Covid-19. Même en Allemagne, pays où le liquide a longtemps été roi, les consommateurs ont, en 2020, pour la première fois dépensé plus d’argent par carte.

La BCE redoute que cet engouement profite à des monnaies virtuelles privées ou à des devises étrangères. En 2019, le projet de Facebook de créer une monnaie virtuelle, le libra, désormais baptisée le diem, a créé un électrochoc.

→ EXPLICATION. Monnaie numérique : la libra de Facebook revoit ses ambitions à la baisse

Plusieurs pays, comme la Chine ou les États-Unis, travaillent aussi à l’émission de leur propre cryptomonnaie. Pékin teste déjà depuis mars le paiement par e-yuan via téléphone portable, avec l’ambition d’en faire une monnaie internationale de référence, concurrente du dollar, selon les experts.

► Quel intérêt pour les consommateurs ?

L’euro numérique va permettre aux ménages et entreprises de déposer directement cette monnaie auprès d’un compte ouvert à la banque centrale, dont l’accès est jusqu’ici réservé aux banques commerciales. Cet argent sera protégé contre tout risque de perte, un argument fort au moment où le projet de garantie européen des dépôts est dans l’impasse.

La BCE promet aussi une utilisation facile et sécurisée pour régler des achats à la caisse d’un supermarché, en ligne via une application sur smartphone par exemple, également hors ligne à l’aide de cartes de paiement similaires à la carte de débit.

→ À LIRE. Les Européens sondés sur un euro numérique

« Les habitudes de paiement des consommateurs ne changeront pas dès le lancement d’un euro numérique », prévient toutefois Guido Zimmermann, analyste chez LBBW. Mais cela pourrait évoluer dans quelques années, quand le nombre et les formes de monnaies numériques auront augmenté, selon ce dernier. Les utilisateurs pourraient par exemple effectuer des virements ou des paiements entre Européens, en limitant les frais bancaires.

► Quelle différence avec une cryptomonnaie ?

Une cryptomonnaie comme le bitcoin n’est pas un moyen de paiement officiel. Son unité de compte n’est pas définie par l’État mais est émise par des organisations privées, ou contrôlée par les participants d’un réseau informatique. L’émission de nouveaux bitcoins est régulée par un algorithme, et non par un comité de politique monétaire.

Les banques centrales veulent apporter de la stabilité dans le monde très spéculatif des monnaies numériques, dont le cours a des allures de montagne russe. « Un euro aujourd’hui doit valoir un euro demain, en liquide ou en numérique », martèle la BCE.

► Quels risques ?

La BCE doit prendre en compte les inquiétudes des Européens sur les risques pour la protection de leur vie privée, première des priorités exprimées dans la récente consultation menée par l’institut. Les données devraient être mieux protégées avec l’euro numérique qu’avec les équivalents proposés par des prestataires privés, assure la BCE.

Mais le chemin est étroit car il n’est pas question d’offrir la même garantie d’anonymat que le cash, pour des raisons évidentes de lutte contre la fraude fiscale et le financement d’activités illicites. Le principal risque est la fuite des épargnants vers cette nouvelle forme de monnaie, qui permet d’éviter les frais d’un compte de dépôt classique, ce qui fragiliserait les banques de la zone euro.

La BCE songe donc à taxer les dépôts en monnaie de banque centrale au-delà d’un seuil, par exemple 3 000 €, a indiqué Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans une interview au Financial Times.

Autres articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici