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mercredi, août 10, 2022

Le coronavirus, déjà l’origine d’une épidémie il y a plus de 20 000 ans

Dans la famille des coronavirus, on en connaissait jusqu’à présent sept qui pouvaient infecter l’être humain. Trois ont provoqué d’importantes épidémies : le SARS-CoV 1, le MERS, et désormais le SARS-CoV 2, dont la crise ne finit pas. Quatre autres peuvent provoquer des rhumes bénins, et circulent sans qu’on s’en soucie. Le plus ancien d’entre eux, le coronavirus NL63, s’est séparé d’une souche animale depuis au moins 900 ans. Presque un millénaire donc que ces virus nous infectent.

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Mais, fin juin, une étude américano-australienne publiée dans Current Biology a largement repoussé le curseur : une épidémie de coronavirus aurait eu lieu chez l’homme il y a 25 000 à 20 000 ans de cela, en Asie de l’Est.

Regarder l’adaptation humaine aux coronavirus

Normalement, les scientifiques remontent la piste des virus en regardant leurs évolutions génétiques. Dans le cas des variants qui nous préoccupent actuellement, on sait par exemple qu’ils divergent de la souche de départ identifiée à Wuhan car ils lui ressemblent un peu mais pas tout à fait. Cette fois-ci, les chercheurs ont pris le problème du côté de l’hôte : si des coronavirus inconnus ont infecté les humains par le passé, ces derniers ont dû s’adapter face à ces virus et l’on devrait retrouver une trace de cette adaptation.

Et effectivement, les chercheurs ont découvert des séquences génétiques codant pour des protéines qui interagissent avec les coronavirus chez des personnes d’Asie de l’Est. En retraçant la piste, ces changements seraient apparus il y a 900 générations environ et restent circonscrits à cette région. « Ces résultats suggèrent que des coronavirus ou un virus interagissant de la même façon avec l’hôte humain ont provoqué d’anciennes épidémies localisées », écrivent les généticiens et biologistes.

Impossible lien entre génétique et susceptibilité au Covid-19

Attention, ces gènes codent pour des protéines en lien avec l’accrochage des coronavirus aux cellules humaines, mais rien n’exclut que d’autres virus aujourd’hui disparus ont pu utiliser le même système d’amarrage. Les protéines, et donc les gènes, ne sont peut-être pas liées aux coronavirus, même si les auteurs sont assez confiants.

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De nos jours, toute la population asiatique ne possède pas ces gènes. Ainsi, faute d’études génétiques croisées avec un suivi sanitaire sur les contaminations au SARS-CoV 2, impossible d’affirmer que les porteurs sont mieux ou moins bien protégés contre le Covid-19. L’étude rappelle d’ailleurs que « les limitations de ce travail et les différents facteurs à prendre en compte, y compris socio-économiques, rendent impossibles pour l’instant d’affirmer une susceptibilité génétique accrue ou non aux coronavirus ».

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