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mercredi, août 10, 2022

Hausse importante des refus de demandes de résidence permanente pour motifs humanitaires au Canada

Malgré une augmentation des demandes de résidence permanente pour des considérations d’ordre humanitaire durant la pandémie, Ottawa en a refusé plus que jamais en cinq ans. Une organisation dénonce mardi en conférence de presse un « changement de politique » qui se serait fait en catimini et appelle à régulariser les migrants précaires.

Les demandes pour motifs humanitaires sont souvent décrites comme le processus de la « dernière chance », entre autres pour les personnes sans statut qui n’ont pas d’autres voies d’accès à la résidence permanente.

Les chiffres obtenus par le Réseau pour les droits des personnes migrantes montrent en effet que 5000 demandes de ce type ont été refusées en 2020, contre 2760 en 2019. Le taux de refus était donc nettement plus haut l’an dernier, avec 57 % des demandes rejetées, contre une moyenne de 37 % entre 2016 et 2019. Le premier trimestre de 2021 montre un taux de refus encore plus haut, ce qui indique que la tendance s’est maintenue.

Le reste des personnes admises dans les autres catégories d’immigration a pourtant chuté en 2020, alors que les fermetures de frontières ont compliqué les déplacements. Le gouvernement fédéral a annoncé plusieurs programmes pour donner accès à la résidence permanente aux personnes déjà sur le territoire — travailleurs temporaires et étudiants. Québec a refusé de participer à plusieurs de ces programmes.

Le pays a donc besoin d’immigrants comme l’a révélé encore davantage la pandémie de COVID-19, a plaidé Syed Hussan du secrétariat du Réseau, une coalition pancanadienne d’organisations. « Au lieu, on voit des agents d’immigration faire le contraire de manière arbitraire », a-t-il déclaré.

En 2020, seulement 184 000 personnes ont obtenu leur résidence permanente au pays, une « chute historique », note l’organisation. En comparaison, l’objectif pour 2021 est 401 000 personnes.

« En doublant les refus, le premier ministre Trudeau double le potentiel d’exploitation », a insisté M. Hussan.

Présent à la conférence de presse, Mamadou Batchily, 44 ans, a raconté une partie de son histoire. Travailleur en usine alimentaire à Montréal, il dit avoir subi une blessure en 2018, puis avoir vu sa demande pour motifs humanitaires refusée en janvier 2021. « J’ai été affaibli par ce processus douloureux. Je vois que le Canada n’accorde aucune valeur à la vie humaine », a affirmé l’homme qui n’a pas vu sa femme et des deux enfants depuis six ans.

Une femme vivant à Vancouver, Devine Cruz, a quant à elle décrit comment elle s’est retrouvée sans statut aux mains d’un employeur peu scrupuleux. Il l’aurait amenée sur un visa de touriste depuis Hong Kong pour travailler comme aide familiale, puis l’a forcée à rester à son emploi jusqu’à l’expiration de son visa. « Je me sens pénalisée parce que je suis pauvre. Mon employeur riche qui m’a amenée ici illégalement peut entrer et sortir du Canada, alors que je me cache de ma communauté », a relaté Mme Cruz.

Le Réseau pour les droits des personnes migrantes estime que près d’un demi-million de personnes sont sans statut au Canada. Une grande partie de ces individus sont arrivés sur le territoire sur des visas qui ont ensuite expiré et n’ont pas été admissibles à d’autres programmes d’immigration. Une demi-douzaine de personnes migrantes, certains avec des enfants qui ont passé la majorité de leur vie ici, ont demandé une voie d’accès pour rester.

Les demandes pour considérations d’ordre humanitaire sont examinées au cas par cas par un agent d’immigration et sont considérées comme une filière discrétionnaire par le gouvernement fédéral. Des facteurs relatifs à la santé, à la violence familiale, aux liens avec le Canada, à l’intégration et à l’intérêt des enfants peuvent être pris en considération.

D’autres détails suivront.

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