une primaire populaire pour relancer la gauche ?

Ils seront quelques partis de gauche autour de la table, jeudi 1er juillet. Pas de fusion, ni même d’union à l’ordre du jour, même s’il sera aussi question du bilan des élections régionales qui s’achèvent avec un taux d’abstention frôlant les 66 %.

Le sujet principal de cette rencontre, c’est une initiative, lancée en mars 2021 par le collectif d’associations et de citoyens « 2022 ou jamais » : la primaire populaire. L’idée : faire émerger une candidature commune à gauche autour d’un projet écologique, démocratique et social.

Un élan populaire que les partis « sont incapables de créer »

«Il s’agit de s’offrir une chance de gagner, grâce à un élan populaire que les partis sont incapables de créer aujourd’hui, résume Mathilde Imer, porte-parole de la primaire populaire. La défiance envers les partis et les acteurs politiques est telle que seul un tiers neutre comme nous peut aller chercher tous ceux qui n’en peuvent plus de cette manière de faire de la politique et de débattre, notamment chez les jeunes. »

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Les différents partis de gauche ont déjà participé à plusieurs réunions, notamment Europe Écologie-Les Verts, le parti socialiste et La France Insoumise mais aussi Cap Écologie, Ensemble !, Gauche Démocratique et Sociale, Génération. s, Gauche Républicaine et Socialiste, Nouveaux Démocrates, Nouvelle Donne, Parti Communiste Français, PEPS, Place Publique…

Associés à l’élaboration du « socle » d’une dizaine propositions, « ils ont assuré de la “compatibilité” de celles-ci avec leurs programmes », selon Samuel Grzybowski, porte-parole lui aussi. Parmi ces mesures « de rupture », inspirées des revendications des mouvements sociaux de ces dernières années : la reconversion vers une agriculture paysanne, un grand plan de rénovation thermique, un revenu de solidarité dès 18 ans, la modernisation de l’ISF, ou encore une convention citoyenne pour le renouveau démocratique.

À partir du 11 juillet jusqu’à septembre, la collecte des parrainages aura lieu en ligne et les dix candidats ayant réuni le plus de soutiens pourront participer à la primaire populaire, prévue mi-novembre. Il s’agira de candidats déjà déclarés ou pressentis, ou de membres de la société civile, désignés par 500 parrainages minimum.

Aucune participation actée des partis de gauche

Mais pour l’heure, aucun parti de gauche ne s’est engagé. Jean-Luc Mélenchon a déjà signifié son refus, et les écologistes, qui organisent leur propre primaire en septembre, ont décliné l’invitation du 1er juillet, insistant sur leur statut « d’observateurs ». «Nous sommes dans une logique de rassemblement et pour la participation citoyenne, explique ainsi Eva Sas, porte-parole d’EELV. Mais nous n’avons pas du tout acté notre participation à cette primaire populaire, et de toute façon, cette décision devra être prise en conseil fédéral.» Seule Sandrine Rousseau, ancienne numéro 2 du parti, a déclaré y participer si elle remportait la primaire du pôle écologiste.

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Les socialistes, qui seront eux bien présents à cette réunion et n’ont pas encore choisi le mode de désignation de leur candidat, se veulent davantage partie prenante. «Nous encourageons toutes les initiatives qui permettent à la gauche de choisir un candidat unique et d’atteindre le second tour, souligne Corinne Narassiguin, numéro 2 du parti. Cette option d’une grande primaire populaire reste ouverte, vivante, même si nous ne pouvons pas être les seuls à y participer. » Pas d’engagement « définitif » pourtant à ce stade : «Ce sera aux militants de voter sur ces stratégies lors de notre congrès en septembre, où nous envisageons d’ailleurs une réforme statutaire, permettant d’envisager ce type de primaire. »

«C’est là tout l’intérêt pour les partis de gauche : se confronter à un corps électoral plus large et arriver au premier tour de l’élection présidentielle forts de cette légitimité», insiste Samuel Grzybowski. Seules conditions pour participer à la primaire populaire : avoir plus de 16 ans, se reconnaître dans les dix propositions, payer 2 €. Le candidat sera désigné par un vote majoritaire, consistant à classer les dix prétendants, selon sept mentions possibles, allant de « très bien » à « à rejeter ». Le scrutin se déroulera en un seul tour et en ligne, avec la possibilité de se rendre dans 10 000 bureaux de vote.