Pourquoi la Ville de Paris mise sur une limitation à 30 km/h

► Quelles rues sont concernées ?

À l’exception du boulevard périphérique qui restera limité à 70 km/h et des boulevards des « maréchaux », de deux portions des quais de Seine, de certaines voies des bois de Boulogne et Vincennes, et de quelques grands axes de l’ouest parisien (Champs-Élysées, Foch, Grande Armée, rue Royale), du XIIe (est) et du XIVe (sud) qui seront toujours limités à 50 km/h, l’ensemble des autres artères parisiennes seront concernées par la limitation à 30 km/h.

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60 % des zones de circulation sont déjà limitées à cette vitesse, rappelle David Belliard, adjoint EELV à la maire de Paris chargé des transports, des mobilités et de la transformation de l’espace public.

« En théorie, il n’y aura donc pas d’énorme différence par rapport à la situation actuelle », analyse Anne Faure, urbaniste et présidente de l’association « Rue de l’avenir » qui milite pour la généralisation des 30 km/h en ville. « Mais en pratique ces limitations auront plus de chance d’être respectées, puisqu’il y aura davantage de communication sur ce sujet ».

► Quel est l’objectif de cette mesure ?

Pour David Belliard, la décision permettra d’accroître « la sécurité des piétons et des cyclistes » en réduisant les accidents de la route, ainsi que de « diminuer le bruit lié à la circulation automobile », en évitant les phénomènes d’accélération et de décélération.

La ville estime par ailleurs que la réduction de la vitesse permettra aussi de diminuer la largeur des chaussées, et donc « d’améliorer la qualité de vie sur l’espace public ».

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Des arguments partagés par Anne Faure qui précise que cette mesure existe dans environ 200 villes françaises, « peut-être même plus », car il est « difficile de comptabiliser les villes qui appliquent les 30 km/h partout ». La généralisation, recommandée par l’ONU pour « garantir des villes sûres, saines, vertes et vivables », est également devenue la norme dans les zones urbaines d’autres pays européens, comme les Pays Bas ou l’Espagne, ajoute-t-elle.

► Quelle conséquence sur la mobilité des Parisiens et Franciliens ?

« À Paris, la vitesse moyenne de circulation dans la capitale est comprise entre 15 et 17 km/h », explique l’urbaniste, pour qui l’abaissement généralisé de la vitesse n’entraînera donc pas de modification du temps de circulation pour les Parisiens et les Franciliens, « contrairement à la suppression de routes de transit comme les voies sur berges » qui peut parfois obliger les automobilistes à rallonger leur itinéraire. « Et la réduction des pointes de vitesse entraînera moins d’accidents. »

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