Marine Le Pen maintient sa ligne pour la présidentielle

« Nous devons transformer notre victoire idéologique en victoire électorale », a martelé Marine Le Pen dans son discours de clôture du congrès du Rassemblement national (RN), ce week-end des 3 et 4 juillet, à Perpignan, persuadée que la crise sanitaire lui a donné raison, de la fermeture des frontières à la réindustrialisation.

« Je veux être la candidate puis la présidente des solutions concrètes », a-t-elle promis en parlant d’une « alternance républicaine dans ses principes, nationale dans ses choix et moderne dans son exercice du pouvoir ».

Mettre le parti en ordre de marche

Le congrès a également mis le parti en ordre de marche pour la présidentielle, avec la nomination d’une kyrielle de vice-présidents ou de porte-parole, et une révision de ses statuts. Objectif : préparer le départ de Marine Le Pen de sa présidence, sans doute dès l’université d’été des 11 et 12 septembre à Fréjus. Hors de question, cette fois, d’attendre l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle : la candidate sera d’emblée en campagne au-delà de sa famille politique.

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Par intérim, elle sera remplacée par Jordan Bardella, nommé premier vice-président. Lisse et fidèle, le jeune homme de 25 ans confirme son ascension : la tête de liste aux européennes de 2019 arrive cette fois en tête du vote des militants, après avoir été treizième en 2018. Il est suivi par Louis Aliot, le maire de Perpignan.

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— Laurent de Boissieu (@ldeboissieu) July 4, 2021« Appel à la responsabilité civique »

Reste que ce congrès devait célébrer un succès aux élections régionales en se projetant vers l’échéance présidentielle. L’abstention record, sociologiquement forte au sein de l’électorat RN, a tout changé. Marine Le Pen a donc lancé « un appel à la responsabilité civique », expliquant que « l’abstention n’est pas contestation mais évaporation civique ; le gilet jaune qui s’abstient ne fait qu’un seul gagnant : Macron ».

De fait, la réunion des cadres et militants a pris les airs d’un week-end « de cohésion », comme on dit dans le domaine sportif ou miliaire. « Rien n’est perdu. Nous n’avons jamais été si près du but : permettre à Marine Le Pen d’accéder à l’Élysée. Mobilisation générale, le compte à rebours a commencé ! », a lancé Jordan Bardella.

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Même si l’élection présidentielle est traditionnellement celle qui mobilise le plus les Français, Marine Le Pen le reconnaît : son parti devra fournir « des efforts pour que l’intégralité des gens qui pensent RN vote RN ». Avec une conviction : « Ce n’est pas une question de ligne », confirmant qu’élue, elle organiserait aussitôt un référendum sur l’immigration.

Hors de question, néanmoins, de durcir son projet, malgré la concurrence annoncée du polémiste Éric Zemmour. Se rassurant : « Nous ne reviendrons pas au Front national. Je ne vois pas pourquoi les plus radicaux, même s’ils ne partagent pas l’intégralité de mes idées, iraient voter Éric Zemmour alors que je peux accéder au second tour. »