Londres garde le cap du déconfinement malgré une hausse vertigineuse des cas

Le nombre de nouveaux cas positifs au Covid-19 ne cesse de progresser au Royaume-Uni. Le 15 juillet, la date des remontées la plus récente, 60 676 Britanniques ont été déclarés positifs. Cinq jours plus tôt, ils étaient moitié moins nombreux. Surtout, c’est la première fois depuis le mois de janvier que la barrière des 50 000 nouveaux cas est dépassée.

En cause la finale de l’Euro de foot

Ce bond n’est pas lié au Freedom Day, « le jour de la liberté », tant mis en avant par le premier ministre Boris Johnson : le gouvernement avait alors mis fin aux dernières mesures de confinement encore en place. Les regards des médecins et épidémiologistes accusent plutôt la finale du championnat d’Europe de football lorsque, pour suivre la rencontre entre l’Angleterre et l’Italie, des dizaines de millions d’Anglais se sont réunies dans des pubs, chez des amis, en totale rupture avec les mesures de prudence alors encore en opération.

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Public Health England, l’entité de gestion de la santé en Angleterre, a ainsi révélé jeudi 22 juillet que 1 155 Anglais, âgés de 20 à 29 ans sur 100 000, ont été testés positifs au cours de la semaine écoulée. Un taux record pour une classe d’âge, depuis le début de la pandémie l’an dernier. Ce n’est guère une surprise : seuls 59 % des 20-29 ans ont reçu une dose de vaccin contre 87,8 % de la population adulte et 69,2 % ayant reçu deux doses. La directrice médicale de l’entité, la médecin Yvonne Doyle, a ainsi rappelé « qu’il est vital que nous restions tous prudents ». Un message déjà claironné dimanche et lundi dernier par Boris Johnson.

Des statistiques ambiguës

Malgré ces appels au calme, les statistiques demeurent ambiguës. Boris Johnson l’a rappelé lors de ses récentes allocutions : la rapide campagne de vaccination a partiellement décorrélé les nouveaux cas positifs des hospitalisations et des décès. Le 29 décembre, 81 511 nouveaux cas positifs avaient été recensés, 3 249 personnes avaient été hospitalisées, pour un total de 25 549 personnes dans les hôpitaux, et 656 décès. Le 15 juillet, 769 ont été hospitalisées, pour un total de 4 000 hospitalisés, et 44 décès. Même si le ministre de la santé Sajid Javid a avancé que la barre des 100 000 nouveaux contaminés par jour pourrait être atteinte prochainement, les hôpitaux ne sont pas envahis par les malades du Covid.

Le vaccin n’est pourtant pas un remède sans faille et le Royaume-Uni n’est donc pas immunisé. Les données de Public Health England révèlent que 116 des 257 décès liés au variant delta, entre février et fin juin étaient des Britanniques de plus de 50 ans doublement vaccinés. Les vaccins Oxford/AstraZeneca et Pfizer/BioNTech ont beau empêché respectivement 92 % et 96 % d’admissions à l’hôpital, les personnes âgées demeurent à risque, même si celui-ci est désormais minime.

Accepter que le virus continue à circuler

Boris Johnson semble en avoir pris son parti, malgré l’annonce de la positivité de son ministre de la santé vendredi dernier, qui l’a obligé à s’isoler lui-même dimanche dernier. Il l’a expliqué lundi, après avoir étalé le déconfinement sur cinq mois et retardé d’un mois la date du retour à la normale : « Si nous ne rouvrons pas aujourd’hui, quand le ferons-nous ? »

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Un message proche de celui avancé la semaine dernière auprès de quotidiens européens par Sarah Gilbert, la chercheuse de l’université d’Oxford, à la tête de l’équipe derrière la découverte du vaccin AstraZeneca : « Nous devons accepter que le virus continue à se transmettre. Nous n’éradiquerons pas le Sras-Covid2. Il continuera à circuler. »