Les réticents à la vaccination sont «sinon des déserteurs, du moins des alliés du virus», affirme Bernard Kouchner

Dans le JDD, le médecin prône l’injection obligatoire pour tous, seule façon de gagner la guerre contre le Covid-19.

«C’est notre seule alliée». Face aux réticences de certains Français à la vaccination, Bernard Kouchner, interrogé dans le JDD dimanche 11 juillet, s’est montré rédhibitoire sur l’urgence de la vaccination. «Nous n’y arriverons pas sans ces injections», a déclaré le médecin, selon qui l’obligation vaccinale est l’unique solution pour mener la «guerre» contre le virus.

Alors que la campagne vaccinale tend à s’essouffler, le vaccin sera-t-il bientôt imposé à tous ? «Croyez-moi, ça sera fait», a attesté l’ancien ministre de la Santé, expliquant qu’il s’agira de le mettre en place «avec des nuances au début». Selon le site CovidTracker, le rythme actuel de vaccination, évalué sur les 15 derniers jours, permettrait d’atteindre l’objectif de vacciner l’ensemble de la population adulte fin novembre seulement. Face à ce ralentissement qui alerte les autorités sanitaires, Bernard Kouchner s’est montré très ferme envers les derniers réticents à l’injection. «Il faut mener la bataille de la conviction. Il faut les bassiner avec les arguments, les persuader», a-t-il exhorté, accusant ces personnes d’être «sinon des déserteurs, du moins des alliés du virus».

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«Mondialiser nos efforts»

Face à l’«ennemi universel» qu’est le coronavirus, le médecin, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, a appelé à une mise en commun des efforts à l’échelle mondiale. «Jusqu’à présent, pour lutter contre le Covid, nous n’avons pas été assez unis, même au sein de l’Europe», a-t-il déploré. «Nous, pays riches, ne pouvons nous contenter de nous battre pour nos concitoyens», a-t-il affirmé, expliquant que «la bataille doit être menée partout», comme ce fut le cas «pour le sida». Cette bataille internationale reviendrait notamment à déclarer le vaccin «bien public mondial», une question de «morale» et d’«éthique» selon le médecin.

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