le terminal 2E de Roissy bloqué, certains vols en retard d’«au moins une heure»

Le premier week-end de départs devrait également être marqué par des retards. Un préavis de grève a d’ores et déjà été déposé pour la semaine prochaine.

Les grévistes ne décolèrent pas. Ce vendredi matin, le terminal 2E de l’aéroport de Roissy a été bloqué par des manifestants, qui sont encadrés par des forces de l’ordre. Selon une source aéroportuaire citée par l’AFP, certains vols connaissent ce jour des retards «d’au moins une heure», alors que quelque 400 grévistes manifestent avec confettis et fumigènes. Les passagers sont orientés vers d’autres terminaux mais certains ont raté leur avion précise la source aéroportuaire, qui précise que les retards pourraient s’allonger.

À Orly, quelque 250 personnes ont manifesté «à l’extérieur», tandis qu’un petit groupe se trouvait à l’intérieur, d’après la source aéroportuaire. Contrairement à Roissy, il n’y avait pas de blocage mais de légers ralentissements.

Week-end tendu

Sans accord, le premier week-end des départs pourrait s’annoncer en outre tendu dans les aéroports parisiens, perturbé par le même mouvement de grève. Trois syndicats du groupe Aéroports de Paris (ADP) ont en effet déposé jeudi un préavis de grève pour cinq jours. Ce jeudi, le mouvement de protestation n’avait causé que des retards «de 15 à 30 minutes», soulignait ce vendredi matin le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

L’Unsa, la CGT et la CFE-CGC réclament le retrait d’un plan d’adaptation des contrats de travail (PACT), qui prévoit la suppression de certaines primes. En cas de refus, les salariés seront «potentiellement licenciables» via un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), selon Laurent Garssine, secrétaire général de l’Unsa chez ADP. À noter que les négociations «ont repris» vendredi matin «entre la direction du Groupe ADP et les syndicats, sur proposition de la direction» a cependant précisé cette dernière. «On verra les propositions de la direction. J’irai voir les salariés pour en rendre compte», mais «ça commence à chauffer», a déclaré à l’AFP Laurent Garssine.

Augustin de Romanet, PDG d’ADP, assurait mardi 29 juin que tout sera fait pour qu’«aucun avion ne soit annulé.» Les finances d’ADP sont sinistrées après une année 2020 marquée par les restrictions sanitaires. Le groupe accuse le coup avec une perte de chiffre d’affaires de près de 80%. L’année 2021 a également été perturbée et si l’activité reprend cet été, cela reste à basse fréquence: selon le ministre délégué Jean-Baptiste Djebbari, le trafic aérien sera équivalent à 65% de celui observé en 2019. En cause, notamment, les choix de vacances des Français qui devraient «préférer leur territoire national», argue le ministre.

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Nouveau préavis de grève

Pour ADP, l’enjeu est désormais de réaliser des économies. Soulignant que les discussions se poursuivent avec les salariés, le PDG du groupe a souhaité d’eux «un effort de solidarité, avec une ligne rouge: pas de licenciements contraints». Les baisses de salaires seront compensées au-delà de 7%, promet-il. Augustin de Romanet affirme en outre que «88% de nos collaborateurs ne perdront pas plus de 4%» de leur rémunération. Affecté comme tout le secteur du transport aérien par l’effondrement du trafic induit par la crise sanitaire, le groupe ADP a perdu 1,17 milliard d’euros en 2020 et engagé une réduction de ses effectifs de 11%. «Lorsque le trafic reprendra, il n’y a aucune raison pour que les collaborateurs d’ADP ne retrouvent pas le modèle (social) qui est le leur», a-t-il ajouté.

Des garanties qui ne suffisent pas aux organisations syndicales. Le secrétaire général Unsa Aéroports de Paris, a d’ores et déjà annoncé qu’un nouveau préavis de grève avait été déposé pour le 9 juillet prochain.