L’AMF réclame 38 millions d’euros de sanction contre Amundi pour des opérations intervenues en 2014-2015

Le leader européen de la gestion d’actifs est accusé d’avoir manipulé des cours et failli dans ses opérations de contrôle, selon l’autorité des marchés financiers.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a requis mercredi un total de 38 millions d’euros de sanctions financières contre deux sociétés du leader européen de la gestion d’actifs Amundi, accompagné d’avertissements disciplinaires, notamment pour «manipulation de cours» et une série de défaillances de contrôle.

La Commission des sanctions de l’AMF réclame également une amende de 5 millions d’euros au courtier Tullett Prebon, impliqué dans un dossier «hors norme» portant sur des opérations litigieuses réalisées entre l’été 2014 et l’été 2015, par trois ex-salariés de chacune de ces sociétés, sur l’indice boursier Eurostoxx 50. L’amende requise contre Amundi se décompose en deux: 30 millions retenus contre Amundi asset management et 8 millions contre Amundi Intermediation, la table de négociation du groupe.

Comportements préjudiciables

Le collège de l’AMF reproche aux deux sociétés Amundi «un enchaînement de comportements préjudiciables et hautement incompatibles» avec son statut de «premier gestionnaire d’actifs en Europe» et une série de défaillances de contrôle sur des opérations financières ayant abouti à des «manipulations de cours» de l’indice boursier. Ces opérations concernent l’attribution d’opérations sur l’indice boursier Eurostoxx 50 à un portefeuille de titres, au détriment d’un autre portefeuille géré pour le compte d’un investisseur institutionnel client d’Amundi.

Ces transactions litigieuses réalisées entre les trois ex-salariés au vu de leur volume «atypique» et de «leur caractère répété» ont entraîné «une manipulation de cours», aboutissant à un préjudice de 48,1 millions pour des fonds, notamment d’assurance vie, estime le collège de l’AMF, qui reproche également une «insuffisance généralisée» du dispositif de contrôle d’Amundi.

Interdiction d’exercer

Amundi reconnaît «une série des faits» reprochés mais conteste «formellement» l’accusation de manipulation des cours, a indiqué Bernard De Wit, directeur du pôle support et contrôle du groupe. «Peut-on manipuler le marché le plus régulé d’Europe en passant quelques coups de téléphone successifs ?», s’est interrogé Bernard De Wit, en soulignant que ces opérations suspectes étaient restreintes à «quatre intervenants».

L’AMF a également réclamé des interdictions d’exercer des activités professionnelles dans le domaine de la finance et des amendes de plusieurs milliers d’euros pour les deux anciens salariés d’Amundi, et une sanction financière contre l’ex-salarié de Tullet Prebon, tous licenciés depuis. Les encours gérés par Amundi atteignaient 1.755 milliards d’euros au 31 mars 2021 et le groupe a réalisé un bénéfice net de 297 millions d’euros au premier trimestre, en progression de 53,5% par rapport à la même période un an plus tôt.

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