Laïcité, Jean Castex passe de la théorie à la pratique

Mettre de côté les grands débats théoriques sur la laïcité et engager concrètement la mobilisation de tout l’appareil d’État. Au lendemain de la fête nationale, le premier ministre Jean Castex donne, ce jeudi 15 juillet, le coup d’envoi d’un plan d’action pour la défense des principes républicains qui se traduira notamment par la formation de l’ensemble des fonctionnaires d’ici à 2025.

Autour de la table du premier comité interministériel de la laïcité seront réunis de nombreux ministres aux sensibilités différentes mais auxquels Jean Castex va assigner une mission très pragmatique. Il s’agit d’anticiper l’application du projet de loi séparatisme qui sera définitivement adopté par les députés le 22 juillet pour que, dès la rentrée, l’administration se mette en marche.

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Ainsi, le ministère de l’éducation prévoit un dispositif d’un millier de formateurs, dont une première promotion d’une centaine de fonctionnaires dans le cadre d’un diplôme universitaire. Un travail d’information doit être engagé auprès de tous les partenaires de l’administration, car l’un des points forts de la réforme est d’étendre le devoir de neutralité des agents à tous les organismes délégataires d’une mission de service public. Aussi bien une entreprise de transports scolaires que des structures comme les Caisses d’allocations familiales, les chambres de commerce ou les sociétés HLM.

L’Observatoire de la laïcité cristallisait les polémiques

Pour renforcer la mobilisation de l’Etat, un sous préfet à la laïcité sera nommé dans chaque préfecture d’ici la fin de l’année et des référents laïcité seront mis en place dans toutes les administrations. Le gouvernement va préciser le calendrier pour les nombreux textes d’application attendus dans les mois qui viennent. Pour mener le travail de coordination et d’expertise, un bureau de la laïcité est créé au ministère de l’intérieur, sur le modèle du bureau central des cultes.

Un choix marqué aussi par le pragmatisme. Jean Castex n’a pas donné de suite à l’Observatoire de la laïcité qui était une instance plus indépendante et politique mais cristallisait les polémiques entre républicains et libéraux. Cette méthode ne signifie pas pour autant que les difficultés sont réglées. Les consultations se poursuivent avec le monde associatif et les élus locaux sur le futur contrat d’engagement républicain, dont le respect conditionnera les subventions publiques aux associations, en vue de la publication d’un décret à l’automne.

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Autre sujet sensible, celui du recadrage des instituts de formation des enseignants. Le ministère de l’éducation publiera un « référentiel » sur la laïcité et les valeurs de la République.