La moitié des Québécois ont confiance en Justin Trudeau

Alors que les préparatifs vont bon train pour le déclenchement d’une campagne électorale fédérale d’ici à l’automne, une série de sondages commandés par le gouvernement Legault montre que seulement un Québécois sur deux a confiance en le premier ministre Justin Trudeau pour sa gestion de la pandémie de COVID-19.

Le gouvernement du Québec a publié mardi une série d’enquêtes d’opinion réalisées au Québec depuis mai 2020 sur le thème de la crise sanitaire. À partir de l’automne, il s’est permis de mesurer la cote de popularité de plusieurs acteurs politiques, dont le premier ministre du Canada. Celui-ci a constamment obtenu la plus basse note parmi les personnes listées, rivalisant uniquement avec le ministre de l’éducation du Québec, Jean-François Roberge, pour le fond du classement.

« Justin Trudeau est la personnalité qui inspire le moins confiance », peut-on lire dans une analyse datée du 3 novembre. 51 % des répondants sondés par la firme SOM faisaient alors « assez » ou « très » confiance au premier ministre dans la gestion de la crise.

La cote de confiance de Justin Trudeau a plafonné à 56 % pour la suite, avant de redescendre à 53 % à la mi-juin 2021, les dernières données disponibles. « Les citoyens de la région de Québec et les francophones comptent moins sur Justin Trudeau pour gérer la crise », note le sondeur en décembre, au plus fort de la confiance envers M. Trudeau.

Quelques mois plus tard, à la fin février 2021, seulement 45 % des Québécois accordaient leur confiance au chef de gouvernement à Ottawa. « En ralliant moins de la moitié de la population, Justin Trudeau fait pâle figure comparativement à ses consœurs, Dre Theresa Tam et Chrystia Freeland », résume alors le rapport.

Une bonne nouvelle

Les données compilées par Québec ne reflètent pas pour autant d’un déficit important de popularité envers Justin Trudeau, croit Philippe J. Fournier, professeur de sciences et blogueur spécialisé en sondages.

« Si je suis un premier ministre libéral qui veut aller en élections et que le taux de satisfaction et de confiance est à 50 %, je suis content », tranche-t-il.

Selon le fondateur des site Qc125, il serait injuste de le comparer à son homologue provincial, qui obtient constamment des bons taux d’approbation quant aux mesures prises durant la pandémie. Un taux de confiance oscillant autour de 50 % serait ainsi « tout à fait acceptable » pour le premier ministre canadien, puisqu’il surpasse les intentions de vote pour son parti, qui se situent actuellement autour de 35 % au Québec.

« Ce que vous voulez est surtout que les gens qui votent pour vous approuvent votre gestion de la pandémie », ajoute le sondeur d’Ottawa Frank Graves, fondateur de la firme EKOS. Selon lui, les données sur la confiance envers le premier ministre Justin Trudeau « ne sont pas de mauvais chiffres [pour lui], ils sont en fait très bons. Ils paraissent juste peut-être moins bons à cause du fait qu’ils sont comparés aux chiffres de la province. »

Fermeture des frontières populaires

La relative faible confiance envers Justin Trudeau contraste avec l’appui massif des Québécois envers sa politique de restriction des voyages internationaux, du moins en début d’année.

Des sondages menés en janvier et février 2021 montrent que 9 Québécois sur 10 étaient d’accord avec l’obligation de faire une quarantaine dans un endroit désigné au moment de revenir au pays. Plus encore : la même proportion de répondants se serait rangée derrière une interdiction pure et simple de voyager à l’extérieur du pays.

« Les hommes et les universitaires sont moins convaincus face à l’idée d’interdire tout voyage international en vue de contrôler la propagation de la COVID-19 », nuance toutefois le sondeur.

Ottawa n’a jamais été plus loin que de déconseiller tout voyage à l’étranger pour ses citoyens, et imposer une série de strictes mesures à leur retour. L’obligation de séjourner trois nuits dans un hôtel approuvé par le gouvernement a pris fin pour les voyageurs vaccinés le 5 juillet, et sera chose du passé pour tous les voyageurs le 9 août.

Selon les documents rendus publics discrètement mardi, SOM a sondé quotidiennement ou plusieurs fois par semaine, entre mai 2020 et juin 2021, un panel constitué d’internautes recrutés par téléphone. Les données ont été pondérées pour bien refléter la population.

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