la circulation limitée presque partout à 30 km/h dès fin août

Après les corona-pistes pour les vélos, nées du premier confinement, en même temps que la réforme du stationnement et avant la zone à trafic limité (ZTL) du centre historique annoncée pour le premier semestre 2022, David Belliard, adjoint EELV à la transformation de l’espace public de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, accélère avec une nouvelle mesure qui pourrait susciter l’ire des automobilistes.

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La capitale compte déjà 60 % de zones limitées à 30 km/h, et la vitesse moyenne de circulation y est de 16 km/h, selon l’adjoint.Mais la généralisation est « une grande victoire culturelle » pour les écologistes qui « plaident depuis des décennies pour une baisse de la vitesse en ville », estime l’ancien candidat des Verts à la mairie, rappelant qu’il s’agissait d’un engagement de campagne repris par Anne Hidalgo lors de sa réélection en 2020.

Le boulevard périphérique, que la ville voudrait faire passer à 50 km/h, restera limité à 70 km/h. Les boulevards de ceinture dits « des maréchaux », deux portions des quais de Seine, certaines voies des bois de Boulogne et Vincennes, quelques grands axes de l’ouest parisien (Champs-Élysées, Foch, Grande Armée, rue Royale), du XIIe (est) et du XIVe (sud) resteront limités à 50 km/h. Même si l’équipe de David Belliard espère « rouvrir les discussions » ultérieurement avec la préfecture, qui a donné son accord.

Tolérance pendant l’été

La mesure entrera en vigueur le 30 août, le temps pour la mairie de déployer les panneaux aux portes de la capitale pendant l’été, synonyme de tolérance. La période a été choisie à dessein, « l’acculturation » étant « plus facile pendant l’été » quand une partie des Parisiens sont en vacances et le trafic moins dense.

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Selon une consultation menée fin 2020 par la ville, « 59 % des Parisiens sont favorables à la réduction de la vitesse à 30 km/h dans les rues de la capitale à la condition que certains axes restent à 50 km/h ». Les Franciliens favorables sont en revanche minoritaires (36 %).

Selon la même source, les bénéfices avancés sont la sécurité routière devant les nuisances sonores. « Le risque de décès est 9 fois moins important à 30 km/h qu’à 50 km/h et les blessures sont beaucoup plus légères », argumente la ville dans une synthèse motivant sa décision.

Une ville « moins bruyante »

David Belliard assume : « L’enjeu, c’est de diminuer la place de la voiture, ce qui passe par la baisse de la vitesse », dit-il en mettant en avant la volonté de « sécuriser » les rues de la capitale « pour les plus vulnérables : les piétons, les cyclistes, les enfants et les seniors ».

Cette mesure vise aussi à aller vers une « ville moins bruyante », souligne l’élu EELV. « On baisse les nuisances sonores, on fluidifie le trafic en diminuant les effets d’accélération et de décélération », a encore dit l’adjoint, selon lequel une réduction de 20 km/h de la vitesse permet de diviser par deux le bruit (– 3 décibels) dans les rues de Paris.

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La diminution de la vitesse permettra aussi de diminuer la largeur des chaussées, et donc « d’améliorer la qualité de vie sur l’espace public », estime la ville.