Jean Leonetti, un « sage » pour tenter de rassembler à droite

Jean Leonetti a accepté, en juin dernier, de relever le défi : « Travailler sur un processus de sélection du candidat ou de la candidate » de la droite à l’élection présidentielle de 2022. Dans cette perspective, il organise ce mardi 20 juillet une réunion des présidentiables. À 73 ans, le maire d’Antibes partage avec Gérard Larcher, président du Sénat, et Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, l’image de « sage » de sa famille politique.

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L’homme a donné son nom à la loi de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, adoptée à l’Assemblée nationale et au Sénat à l’unanimité. Onze ans après, celle-ci a été complétée par une nouvelle loi Claeys-Leonetti. Avec la même ambition d’une « troisième voie » française : ni euthanasie ni acharnement thérapeutique, mais soulagement de la souffrance des malades. « Son magistère moral vient des différentes lois de bioéthique qu’il a portées », confirme l’entourage d’un présidentiable.

Pas d’ennemi dans le parti

« C’est quelqu’un qui a toujours cherché à rapprocher les points de vue, renchérit le conseiller d’un autre. Même lorsqu’il a pris position pour les uns ou les autres, il a toujours eu le souci du rassemblement. » Issu du centre droit, l’UDF et le Parti radical, Jean Leonetti est resté fidèle depuis sa création à l’UMP puis à LR. En son sein, il a participé à la fondation d’un courant modéré – « humaniste » – et défendu en 2012 François Fillon face à Jean-François Copé. Puis, lors de la primaire présidentielle de 2016, il a soutenu Alain Juppé.

Jean Leonetti a en outre présidé par intérim LR en 2019, entre la démission de Laurent Wauquiez et l’élection de Christian Jacob. C’est sous son autorité que le parti a redéfini son corpus idéologique en organisant une grande consultation et en adoptant une nouvelle « charte des principes fondamentaux ». « Il connaît parfaitement sa famille politique, il n’appartient à aucune écurie présidentielle, il est fidèle à LR mais il sait aussi que la droite ne peut l’emporter que si elle dépasse LR, résume un proche de Valérie Pécresse. Pour créer une dynamique, la primaire ne peut qu’être ouverte le plus largement possible, sinon ce n’est qu’une élection interne. » Autre atout : « Jean Leonetti a su naviguer dans le parti sans se faire d’ennemis », ajoute un soutien de Bruno Retailleau.

Le cas Xavier Bertrand

Reste que le défi est particulièrement complexe. D’une part, Xavier Bertrand, qui a quitté LR dès décembre 2017, a annoncé depuis le début qu’il ne participerait pas à une primaire. Il n’a donc pas répondu à l’invitation de Jean Leonetti. Résultat, le gagnant d’un processus de sélection n’est même pas assuré d’être, au final, le candidat de la droite à la présidentielle. D’autre part, Valérie Pécresse (Libres !, ex-LR), Laurent Wauquiez (LR) ou Bruno Retailleau (LR), qui seront présents à la réunion, n’ont pas la même vision de l’organisation d’une primaire, plus ou moins ouverte.

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Tous ont cependant un intérêt commun : trouver un cadre porteur pour leur candidature. « Le match n’a pas commencé car il n’y a actuellement qu’un seul joueur, Xavier Bertrand : tout changera quand les autres entreront sur le terrain », assure un entourage. Ce que Jean Leonetti avait résumé autrement, début juillet, dans Le Journal du Dimanche : « Nous avons tous en mémoire la fable du lièvre et de la tortue mais, en politique, ce n’est pas parce qu’on part avec un peu d’avance qu’on ne peut pas être rattrapé. » De quoi motiver les présents pour aider ce dernier à définir un système consensuel de départage.