Incendie dans un immeuble à Marseille : trois migrants sans-papiers décédés

L’incendie de la résidence les Flamants à Marseille, le matin du 17 juillet, a provoqué la mort de trois hommes, très probablement tous migrants sans-papiers. Cet immeuble, situé dans le 14e arrondissement de la ville connue pour ses problèmes de mal-logement, était en partie squatté. Selon la préfecture de police, un enfant de deux ans est actuellement hospitalisé entre la vie et la mort. Un autre adulte a été blessé, et huit personnes intoxiquées.

À ce stade, le caractère accidentel ou criminel de l’incendie n’a pas encore été déterminé par l’enquête de police. Le feu aurait pris dans les parties communes du bâtiment propriété d’un bailleur social. Y vivaient, entre autres, des migrants nigérians sans-papiers. Des draps noués, pendant de la fenêtre d’un appartement de l’immeuble, témoignent de la panique et des efforts des personnes piégées par l’incendie de s’échapper par l’extérieur.

Il y a un an, deux immeubles s’écroulent à Marseille révélant le drame du mal-logement

La préfète de police Frédérique Camilleri a précisé à l’AFP qu’ « il y a un point de deal (de drogue) notoire ici et il y a des tensions entre les habitants et les trafiquants. Notre objectif est de sécuriser les opérations de secours afin que toutes les personnes puissent être mises à l’abri ». Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, l’incendie a été maîtrisé dans la matinée. Le travail d’évacuation et de relogement des habitants a commencé dans la foulée.

Situation « très préoccupante » avant l’incendie

Plusieurs personnalités ont réagi à l’incendie, notamment le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a exprimé sur Twitter ses condoléances aux familles des victimes. Le maire de Marseille Benoît Payan, qui a qualifié l’incendie de « drame terrible », s’est rapidement sur les lieux. « Je m’incline devant les mémoires des victimes de ce drame insupportable, qui produit un choc terrible pour l’ensemble des familles de ce quartier, en rénovation urbaine depuis plusieurs années », a exprimé Lionel Royer-Perreault, président de 13 Habitat, le bailleur social propriétaire du bâtiment.

Dans Marseille, ville blessée

Construite en 1972, la situation de la résidence Les Flamants « était très préoccupante » estime Lionel Royer-Perreault. Ce bâtiment, qui devait être détruit, ne faisait l’objet d’aucun arrêté de péril. Au moment du drame, il restait au total 12 familles locataires légales dans l’immeuble. Celles-ci ont été relogées provisoirement.

« Situation invivable des squats »

« S’il reste à déterminer l’origine de l’incendie, ce que l’enquête éclaircira, il n’en demeure pas moins que la situation invivable des squats connus dans les logements depuis de nombreux mois et années génère aux Flamants comme dans d’autres cités de Marseille une dangerosité et des risques importants pour les habitants et les occupants », a estimé Samia Ghali, adjointe du maire de Marseille pour l’Egalité des territoires.

À Marseille, les délogés de la rue d’Aubagne se sentent abandonnés

En novembre 2018, Marseille avait été touchée par un drame de l’habitat insalubre lorsque deux immeubles situés rue d’Aubagne, dans un quartier populaire du centre, s’étaient effondrés, faisant huit morts. L’ampleur du mal-logement dans la deuxième ville de France avait été révélée en 2015 par le rapport Nicol, qui recensait 40 000 taudis, soit 100 000 personnes concernées sur 860 000 habitants.