Hubert Caouissin condamné à 30 ans de réclusion pour le quadruple meurtre de la famille Troadec

Ce quinquagénaire était jugé pour le meurtre de sa belle-famille à coups de pied de biche, à leur domicile d’Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 au 17 février 2017.

Au terme de deux semaines de débats, Hubert Caouissin a été condamné à une peine de 30 ans de réclusion pour le quadruple meurtre de la famille Troadec, en février 2017. Ce quinquagénaire, ancien chaudronnier ouvrier à l’arsenal de Brest, était jugé pour le meurtre de Brigitte et Pascal Troadec (49 ans) et de leurs enfants Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans) à coups de pied de biche, à leur domicile d’Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 au 17 février 2017.

Après plus de sept heures de délibéré, la cour d’assises a retenu l’altération du discernement de l’accusé, lui faisant ainsi bénéficier d’une atténuation de peine. Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité mardi pointant la dangerosité de l’accusé. «Un homme ordinaire peut passer outre son humanité et dépecer sa famille par alliance pour dissimuler ses crimes. Cette affaire a quelque chose de glaçant, de sordide, d’extraordinaire», avait ainsi résumé mardi dans un réquisitoire à deux voix l’avocate générale Charlotte Gazzera, devant les assises de Loire-Atlantique.

Son ancienne compagne, Lydie Troadec, 52 ans, a, elle, été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans fermes, pour modification de scène de crimes et recel de cadavres. Elle a été incarcérée à l’issue de l’audience.

Sa compagne condamnée à 3 ans de prison

La culpabilité d’Hubert Caouissin ne faisait pas de doute: il avait reconnu avoir tué les membres de sa belle-famille à leur domicile d’Orvault, près de Nantes, dans la nuit du 16 au 17 février 2017. Il avait ensuite dépecé minutieusement les corps, dans sa ferme du Finistère, avec un couteau de cuisine pendant trois jours et avait jeté les muscles et les viscères dans des ronciers, dans l’espoir qu’ils soient mangés par des animaux sauvages. Il avait également incinéré les os, la peau et le gras dans sa chaudière.

«Une stratégie de disparition des corps» qui a «privé les proches des victimes des rites ancestraux du deuil», avait pointé Charlotte Gazzera, en relevant que 379 morceaux de chair et 2914 morceaux d’os avaient été retrouvés à l’issue du drame. Cette stratégie «assez inédite» visait, selon elle, à entraver le travail de la police scientifique afin «qu’il puisse nous servir l’histoire qui l’arrange».

Ses avocats avaient demandé aux jurés de ne pas condamner l’accusé à la perpétuité et de lui accorder l’atténuation de peine prévue par le code pénal en cas d’altération du discernement. Hubert Caouissin souffre en effet d’un «délire chronique de type paranoïaque», reconnu unanimement par les experts psychiatres et psychologues, a pointé Me Thierry Fillion. Au moment des faits, l’accusé était convaincu que Pascal Troadec avait subtilisé un trésor familial de lingots d’or découvert à Brest, vestige de l’or de la Banque de France évacué vers le Canada au début de la Seconde guerre mondiale.

«C’est un soulagement pour nous et pour notre client», a réagi Me Thierry Fillion, avocat d’Hubert Caouissin, après le verdict. «La justice est passée.» Me Olivier Pacheu, avocat des parties civiles, a lui salué un verdict «très important» pour que les familles des victimes «puissent enfin essayer de tourner la page de cette histoire judiciaire». «Le verdict montre que le scénario de Caouissin n’a pas convaincu», a estimé pour sa part Cécile de Oliveira, avocate des parties civiles.