Florian Philippot, Francis Lalanne… Qui sont les chefs de file des anti-passe sanitaire ?

Un « défilé historique pour la liberté », selon les organisateurs des manifestations organisées samedi 17 juillet 2021 contre les nouvelles mesures sanitaires. À Paris, une banderole en tête de cortège était tenue par six personnalités au profil et parcours divers. Galerie de portraits.

► Florian Philippot, de l’euroscepticisme au coronascepticisme

Marginalisé après sa rupture avec Marine Le Pen, Florian Philippot a trouvé dans la lutte contre les mesures sanitaires un nouveau cheval de bataille, en plus du Frexit. La banderole de la manifestation parisienne reprenait d’ailleurs la couleur orange de son parti, Les Patriotes, proclamant la « Liberté » en grosses lettres, et en plus petites « avec Florian Philippot ».

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De fait, il s’agissait de la trente-cinquième semaine de manifestations organisée depuis octobre 2020 par l’ex-cadre du Front national contre la « coronafolie » ou la « dictature sanitaire ». Espérant profiter de cette dynamique militante, Florian Philippot a déclaré, le 14 juillet 2021, sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 pour « le rétablissement de toutes nos libertés ». Autre candidat sur une ligne similaire, Jean-Frédéric Poisson (VIA, ex-Parti chrétien-démocrate) était représenté par le porte-parole de son parti, Patrick Mignon.

Opposé avec constance à tout traçage numérique, Florian Philippot a en revanche évolué sur la question du masque. Au printemps 2020, il appelait le gouvernement à engager une « bataille nationale du masque » afin, à la fois, de relocaliser sa production en France et de rendre « obligatoire » cet outil « indispensable » de lutte contre le virus. Depuis l’automne 2020, il dénonce au contraire les « zombies masqués et distanciés », appelant même, dès janvier 2021, les Français à « brûler » leurs masques.

► Martine Wonner, la macroniste dissidente

Médecin psychiatre, Martine Wonner a été élue en 2017 députée LREM, qu’elle quitte en mai 2020 avec son aile gauche. Depuis la pandémie, ses propos polémiques l’ont politiquement isolée. Elle a ainsi participé en octobre 2020 à la création de l’association « BonSens », aux côtés d’autres personnalités épinglées par l’Observatoire du conspirationnisme (le professeur Christian Perronne, l’ex-généticienne de l’Inserm Alexandra Henrion-Caude, Xavier Azalbert du site complotiste FranceSoir etc.).

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Omniprésente depuis des mois dans les manifestations pour l’hydroxychloroquine et contre les mesures sanitaires, elle est régulièrement accusée de désinformation, notamment sur la fréquence et vigueur des effets secondaires des vaccins. Elle considère ainsi que les vaccinés seraient des « cobayes » et les vaccins contre le Covid-19 des « cochonneries génétiquement modifiées », l’obligation vaccinale pour les soignants revenant selon elle à les « maltraiter » et même à les « sacrifier ». Après de nouveaux propos controversés, lors de la manifestation du 17 juillet, Christophe Castaner a appelé la présidence de l’Assemblée nationale à saisir la justice.

► Fabrice Di Vizio, l’avocat

Avocat en droit de la santé publique, Fabrice Di Vizio s’est fait connaître en participant à l’émission « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna, sur C8. Professionnellement, il est intervenu à plusieurs reprises dans la crise sanitaire. D’une part, en déposant, pour un groupe de médecins généralistes, un recours devant le tribunal administratif afin de contraindre l’État à leur fournir des masques FFP2. D’autre part, en défendant le professeur Didier Raoult, face à l’Agence nationale de sécurité du médicament ou face à l’ordre des médecins.

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Politiquement, le chroniqueur a engagé en avril 2021 un dialogue avec Florian Philippot, avant de participer en juin à l’une de ses manifestations. Fabrice Di Vizio oscille entre arguments strictement juridiques, contre un passeport sanitaire et une obligation vaccinale dans le contexte d’une autorisation de mise sur le marché conditionnelle, et des propos davantage politiques : « Emmanuel Macron a déclaré la guerre à la France, nous ferons la guerre avec les armes de la connaissance et de la démocratie », a-t-il affirmé devant les manifestants, le 17 juillet.

► Francis Lalanne, l’insurgé

Engagé en politique depuis une quinzaine d’années, au sein de la mouvance écologiste puis des « gilets jaunes », Francis Lalanne s’est fait remarquer en publiant, en janvier 2021, sur le site FranceSoir, une tribune contre le supposé « totalitarisme » d’Emmanuel Macron. Au nom du droit de résistance à une prétendue « dictature sanitaire », le chanteur appelle en effet les Français à la « désobéissance civique », le Parlement à « destituer » ou, à défaut, l’armée à « mettre fin à l’exercice du mandat de l’actuel président de la République ».

Le compte Twitter de Francis Lalanne a en outre été suspendu pour avoir diffusé, le 8 juillet, des « informations fausses ou trompeuses sur le Covid-19 ». Il y qualifiait la vaccination de « crime contre l’humanité ».

► Nicolas Dupont-Aignan, contre le « tout-vaccin »

Candidat à la présidentielle de 2022, Nicolas Dupont-Aignan n’a pas varié dans ses critiques de la gestion de la pandémie par le gouvernement. Tout d’abord, il fut d’emblée favorable à la généralisation des masques chirurgicaux, et même FFP2 pour les plus fragiles, à la relocalisation de leur production en France et à la mise en place d’une filière de recyclage.

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Ensuite, point commun entre toutes les figures de proue de la manifestation, Nicolas Dupont-Aignan est persuadé que l’absence de traitement médical précoce est la conséquence d’un choix politique en faveur de la vaccination. D’où le soutien apporté au professeur Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine. Enfin, le président de Debout la France s’oppose par principe au passe sanitaire et à toute vaccination obligatoire, mesures qu’il compare à un « coup d’État sanitaire » et contre laquelle il appelle « à la résistance ». Il assimile également une autorisation de mise sur le marché conditionnelle à une « expérimentation » des vaccins sur des Français « cobayes ».

► Jacline Mouraud, l’ex- « gilet jaune »

Après avoir émergé en diffusant en octobre 2018, sur les réseaux sociaux, une vidéo contre une supposée « traque aux conducteurs » de véhicules, Jacline Mouraud s’était éloignée du mouvement des « gilets jaunes ». Elle y incarnait une ligne anti-fiscaliste et anti-étatiste. Derrière la banderole de tête lors de la manifestation du 17 juillet, celle qui est aussi candidate à la présidentielle de 2022 défendait une position modérée en affichant son propre slogan : « Le vaccin oui, avec consentement libre et éclairé. »