enquête judiciaire après la mort de 144 patients psychiatriques

Les décès sont survenus entre 2016 et 2017, faute de soins adaptés au sein de structures non reconnues.

Une enquête judiciaire a été ouverte sur les décès de 144 patients atteints de troubles mentaux, en 2016 faute de soins adaptés dans des établissements sanitaires non agréés, avec une première audience lundi 19 juillet, a constaté l’AFP.

Les décès sont survenus entre avril 2016 et janvier 2017, la plupart dus à des pneumonies, de déshydratation et de diarrhée après le transfert de ces patients d’un hôpital privé vers 27 centres très mal équipés. Au total, plus de 1.700 patients avaient été déplacés en quelques jours, sur ordre du département de la Santé de la province du Gauteng, officiellement pour faire des économies.

Un juge sud-africain, Mmonoa Teffo, entendra les témoignages qui devraient déboucher sur l’ouverture de poursuites contre les fonctionnaires alors à la tête de cette administration.

Négligence et mauvais traitements

Selon l’avocat du parquet national (NPA) chargé des poursuites, Pieter Luyt, «la plupart des personnes décédées sont mortes dans des ONG qui n’étaient pas correctement contrôlées ou qui ne l’étaient pas du tout» et qui n’avaient ni la capacité, ni le personnel qualifié pour s’occuper des patients.

La «précipitation» avec laquelle les patients ont été retirés des hôpitaux a entraîné leur placement dans des «établissements non équipés pour les soigner», a-t-il déclaré au début de l’audience, qui a démarré virtuellement devant la Haute cour de Pretoria. «Les preuves montreront que leur mort a été causée par la négligence, la torture et les mauvais traitements qu’ils ont subis», a déclaré l’avocate Adila Hassim, qui représentait certaines des familles des victimes.

Des «pièges mortels»

Elle a expliqué que les familles chercheraient à prouver que la conduite des fonctionnaires du gouvernement et des dirigeants d’ONG a «causé la mort» des patients. «Ils ont choisi de laisser ces (patients) dans ces maisons où ils n’auraient pas assez de nourriture et d’eau, pas de chaleur, une supervision inadéquate et aucun accès aux médicaments». C’était des «pièges mortels», a-t-elle ajouté, reprenant les termes employés précédemment par un juge de la Cour constitutionnelle à la retraite, Dikgang Moseneke.

M. Moseneke, qui avait dirigé l’enquête préliminaire conduite en 2018 par un panel nommé par le gouvernement, avait ordonné au gouvernement de verser un million de rands (70.000 dollars) à chacune des familles de patients pour le traumatisme et les préjudices provoqués. L’enquête qui vient de s’ouvrir devrait cette fois permettre d’ouvrir des poursuites pénales.

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