en forme, les ventes de voitures commencent à pâtir de la baisse des stocks

Les grands constructeurs automobiles ont vu leurs ventes bondir aux Etats-Unis au deuxième trimestre, mais la baisse des véhicules disponibles en raison de la pénurie persistante de puces électroniques commence à se faire sentir.

Toyota a pris la première place, écoulant 688.813 unités d’avril en juin dans le pays après avoir vu ses ventes exploser de 73% par rapport à la même période en 2020. Plus modestement, les ventes de General Motors (GM) ont progressé de 40% à 688.236 unités, et celles de Fiat Chrysler USA (FCA US, filiale du groupe Stellantis) de 32% à 485.312 unités. Les ventes de Honda se sont envolées de 66% à 486.419 unités, celles de Nissan de 68% à 298.148 unités et celles de Hyundai de 69% à 240.005 unités. Ford diffusera ses chiffres trimestriels vendredi.

Sur la même période en 2020, les constructeurs avaient été touchés de plein fouet par les mesures de restrictions freinant les déplacements des Américains et obligeant de nombreux concessionnaires à fermer. La demande pour les véhicules est par la suite repartie de plus belle, dopée par les taux d’intérêt à un bas niveau, les aides gouvernementales aux ménages et l’envie de nombreux Américains d’un véhicule individuel pour se déplacer et s’évader des centres-villes. Mais signe de certaines perturbations du marché, Toyota et Honda ont vu leurs ventes reculer en juin, de respectivement 14% et 13%, par rapport au mois précédent. GM, qui ne détaille pas ses chiffres mois par mois, a souligné que le nombre limité de véhicules disponibles freinait ses ventes.

Pénurie de puces électroniques

«Nous sommes dans une période inhabituelle», a commenté Michelle Krebs, spécialiste du secteur automobile pour Cox Automotive. «Les faibles stocks commencent à avoir un effet sur les ventes: vous ne pouvez pas vendre les produits que vous n’avez pas», a-t-elle expliqué à l’AFP. En juin, «on a commencé à voir des clients qui repoussaient leurs achats car ils ne trouvaient pas ce qu’ils voulaient ou étaient rebutés par les prix élevés», a ajouté la spécialiste.

L’ensemble du secteur automobile fait en effet face depuis le début de l’année à un manque de puces électroniques, des éléments devenus indispensables dans la construction de voitures. Cela les a conduits à suspendre temporairement la production de certains véhicules, limitant l’offre chez les concessionnaires et faisant grimper les tarifs.

Conséquence pour GM: le nombre de véhicules disponibles à la vente se limitait à 211.974 unités fin juin, contre 334.628 unités fin mars et 809.387 fin juin 2019, avant la pandémie. «Bien que la situation reste fluide, nous nous efforçons de continuer à tirer parti de tous les semi-conducteurs disponibles pour construire et expédier nos produits les plus demandés», en particulier les pick-up, a souligné Kurt McNeil, responsable des ventes de GM aux Etats-Unis. Son homologue chez FCA-US, Jeff Kommor, assure pour sa part que le groupe «continue de travailler de près avec ses fournisseurs pour atténuer les conséquences sur la fabrication des divers problèmes de chaînes d’approvisionnement qui perturbent le secteur automobile». Dans cet environnement, GM préfère écouler ses véhicules disponibles auprès des particuliers, prêts à payer plus que les entreprises: les ventes destinées aux flottes professionnelles ont représenté environ 14% au deuxième trimestre contre environ 20% avant la pandémie.

Vers une atténuation de la pénurie

La pénurie de puces électroniques «devrait commencer à s’atténuer, mais il va falloir du temps pour que la production se remette en route et que les stocks grossissent à nouveau», avance Michelle Krebs. «La situation va peut-être commencer à s’améliorer à l’automne mais c’est difficile à prédire.» Le cabinet IHS Markit s’attend de son côté au maintien de perturbations au troisième trimestre, «mais pas à l’échelle vue au premier et deuxième trimestre». «La situation est de mieux en mieux comprise et de grands efforts sont déployés pour améliorer la visibilité au sein d’une chaîne d’approvisionnement très complexe», estiment ses experts dans une note.