Darmanin veut protéger les élus

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a écrit vendredi 16 juillet au soir aux préfets pour leur demander de renforcer les mesures de protection envers les élus dans le contexte des mobilisations des anti-vaccins, a appris l’AFP samedi.

Menaces

Ces derniers jours, «des messages de menaces à l’encontre de parlementaires et d’élus se multiplient dans le contexte des revendications anti-vaccinales», écrit Gérald Darmanin dans cette note consultée par l’AFP, également adressée aux directeurs de la police et de la gendarmerie.

En leur demandant «de mobiliser les forces de sécurité intérieure placées sous votre autorité pour rassurer les élus, prévenir ces actes et réagir rapidement en cas d’évènement», le ministre rappelle que des actions «parfois violentes» ont eu lieu sur des «permanences et à l’encontre des assistants parlementaires».

La permanence de Richard Ferrand envahie

Une quinzaine de manifestants anti-vaccins ont ainsi envahi vendredi la permanence du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) à Châteaulin (Finistère), avant d’être mis en fuite par une patrouille de gendarmerie.

Richard Ferrand avait par ailleurs annoncé jeudi porter plainte, en raison de menaces de mort reçues par des députés soutenant les mesures vaccinales et le pass sanitaire présentés lundi par Emmanuel Macron.

Dans le détail, Gérald Darmanin réclame aux préfets et aux forces de l’ordre de «renforcer la surveillance aux abords des permanences des parlementaires ainsi que de leur domicile le cas échéant» ou encore de prendre contact avec les parlementaires et élus pour «leur rappeler les démarches à suivre en cas d’incident».

400 manifestants à Perpignan

Quelque 400 personnes ont manifesté samedi à Perpignan contre la vaccination et le pass sanitaire, scandant «Macron démission» ou «liberté, liberté» alors que la préfecture multiplie les mesures pour contenir l’explosion des cas de Covid-19 dans le département. Plusieurs personnes arboraient des étoiles jaunes sur leur T-shirt et portaient des pancartes faisant un parallèle entre la traque des juifs et celle, selon eux, contre les opposants aux vaccins.

Frontalier de l’Espagne et très touristique, le département des Pyrénées-Orientales enregistre une explosion fulgurante des cas de Covid-19 et, avec plus de 250 cas pour 100.000 habitants, détient le taux d’incidence le plus élevé de métropole. La préfecture a imposé à partir de samedi et jusqu’au 2 août dans tout le département le port du masque dans les espaces publics, sauf sur la plage et les grands espaces naturels, ainsi que l’interdiction de la consommation de boissons alcoolisées sur l’espace public en dehors des restaurants et bars. Nouveau tour de vis samedi des services de l’Etat avec la fermeture dès 23H00 des bars, restaurants, établissements de plage et épiceries de nuit des Pyrénées-Orientales. La mesure sera effective à partir de dimanche soir jusqu’au 2 août.

D’autres manifestations attendues

D’autres manifestations d’anti-vaccins étaient prévues samedi en France. Les autorités s’attendaient à une mobilisation de 40.000 personnes environ. Mercredi, jour de fête nationale du 14 juillet, quelque 19.000 personnes selon l’Intérieur avaient déjà manifesté dans le pays pour protester contre les annonces du chef de l’Etat.