À Nantes, élus et citoyens revoient leurs priorités après la crise sanitaire

« Cette démarche, unique à l’échelle du pays, nous a à la fois renforcés dans nos engagements mais aussi bousculés », résume Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de Nantes métropole. En novembre 2020 avait été installée une Convention citoyenne sur le vécu de la crise sanitaire et les aspirations des habitants.

Pendant quatre mois, 80 citoyens ont planché sur un avis comprenant 12 aspirations et une centaine de pistes d’action, remis en mars 2021 aux élus. Ces derniers leur ont répondu mercredi 7 juillet au soir, en annonçant 90 chantiers pour la métropole et 70 mesures dans ses 24 communes.

En matière de santé, logiquement au cœur des discussions des citoyens, la métropole s’engage à favoriser l’installation de médecins dans les territoires sous-dotés ou qui gagnent des habitants, tandis que des communes prévoient des maisons de santé et une aide psychologique pour les jeunes.

Pour rendre la ville accessible à tous, les élus annoncent le renforcement des clauses anti-spéculation dans les opérations immobilières. Cela passe notamment par l’extension de l’office foncier solidaire, permettant d’acquérir un logement à des prix inférieurs de 30 à 40 % à ceux du marché. Des logements vacants seront également mis à disposition des personnes défavorisées.

Réévaluer les priorités

La métropole souhaite également renforcer l’approvisionnement local des lieux de restauration collective (crèches, écoles, maisons de retraite), créer de nouvelles ressourceries et des marchés du réemploi. Elle compte déployer le programme « Pleine terre », consistant à végétaliser des espaces bitumés et prévoir dans chaque projet d’aménagement un espace de nature sauvage.

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«Ce sont des mesures auxquelles nous avions pensé mais la Convention incite à les placer en haut de la pile », commente le maire d’Orvault Jean-Sébastien Guitton. Côté travail, de nouveaux espaces de « coworking » et des coopératives réunissant les travailleurs isolés sont envisagés.

Une attention particulière sera portée aux colocations et à l’habitat intergénérationnel. La métropole souhaite aussi créer mille places en logements dédiés aux jeunes. Elle a également suggéré à l’État l’expérimentation d’un revenu minimum de solidarité jeunesse, avec d’autres métropoles, via l’association France Urbaine.

« Quand on voit le niveau d’abstention dans le pays, on ne peut plus faire l’économie de démarches obligeant à nous remettre en cause et nous renouveler », conclut Johanna Rolland. La maire de Nantes a annoncé un baromètre de l’action publique pour évaluer ces promesses.