18 mois de prison avec sursis pour l’ex-doyen

Trois ans après la violente intrusion d’un commando dans l’amphithéâtre de la fac de droit de Montpellier, le tribunal correctionnel a rendu, vendredi 2 juillet, un délibéré en demi-teinte. En mars 2018, un groupe d’hommes armés de palettes de bois et d’un pistolet à impulsion électrique s’étaient introduits dans un amphithéâtre occupé par une trentaine d’étudiants, en pleine mobilisation contre Parcoursup et la loi ORE (« Orientation et réussite des étudiants »).

Des peines globalement sévères

Si l’ensemble des sept prévenus a été jugé coupable, l’ex-doyen, Philippe Pétel, sur qui toute l’attention avait été portée au moment des faits, est le seul à ne pas écoper d’une peine de prison ferme. Il a néanmoins été condamné à dix-huit mois avec sursis et à deux ans de suspension de la fonction publique. Le procureur en avait requis cinq.

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Durant le procès, Philippe Pétel avait, à la barre, modifié ses déclarations faites au préalable à la police. Après avoir « joué les imbéciles », il avait avoué avoir donné son aval pour l’intervention du commando illégal. Le président du tribunal en a-t-il tenu compte ? « C’est probable », souligne son avocate, Iris Christol, qui constate tout de même que « c’est une décision sévère ».

« Ce procès devait se tenir. Mon client espère que ce chapitre judiciaire est clos, même si c’est évidemment une affaire qui marquera sa vie très profondément », ajoute-t-elle. Ses deux années de suspension de la fonction publique devraient s’achever en 2023, en même temps que l’interdiction administrative.

Le professeur Jean-Luc Coronnel, qui avait plaidé à la barre la « légitimité » de l’intervention musclée, a été condamné à 14 mois de prison, dont huit avec sursis, assortis de deux années de probation et d’une année de suspension, contre dix mois ferme requis, en récidive.

En revanche, sa compagne – « sans qui ce commando n’aurait pas existé » avait précisé le procureur qui avait requis un an de prison avec sursis -, s’est vue infliger six mois de prison ferme avec possibilité de détention à domicile. Ce vendredi matin, sortant du tribunal coude à coude, le couple a été hué par quelques manifestants.

Sur fonds identitaire

Dans ce procès, le profil des prévenus, sympathisants affirmés du groupuscule identitaire de la Ligue du Midi, avait été au centre des auditions. Un jouteur sétois, un ancien soudeur et un officier retraité avaient, chacun leur tour, défendu le bien-fondé de leur intrusion et du tabassage des étudiants présents dans l’amphithéâtre.

Les magistrats ont clairement désapprouvé cette posture et les ont, tous trois, condamnés à un an de prison dont six avec sursis, contre quatre requis par le procureur. Enfin, Martial Roudier, fils du fondateur de La Ligue du Midi, déjà condamné à plusieurs reprises, avait été désigné par le procureur comme étant le « leader des opérations ». Tandis qu’il avait nié les faits à la barre, le tribunal l’a condamné à une année de prison ferme.