La Suède veut abréger sa crise politique au plus vite

► Pourquoi le premier ministre suédois a-t-il démissionné ?

Le 15 juin dernier, la cheffe du Parti de gauche, Nooshi Dadgostar, a lancé un ultimatum au premier ministre social-démocrate Stefan Löfven. Elle lui donnait 48 heures pour retirer son projet de réforme de l’encadrement du secteur immobilier locatif, sans quoi une motion de défiance serait lancée au Parlement. L’exécutif entendait ainsi stimuler la construction en instaurant des loyers libres pour les nouvelles constructions, ce qui avait pour but de répondre à une pénurie structurelle, mais qui aurait eu pour conséquence de faire grimper les prix. Or, la gauche et de nombreux Suédois tiennent plus que tout à ce sacro-saint pilier du modèle social suédois.

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Les tentatives d’arrangement ont échoué, et Stefan Löfven a été renversé, le 21 juin dernier, par 181 députés sur 349. Nooshi Dadgostar a bénéficié de l’appui de l’extrême droite, les « Démocrates de Suède », des conservateurs dits « Modérés » et des Chrétiens-démocrates.

► Quelle est la marche à suivre pour trouver un nouvel exécutif ?

Conformément à la constitution, Stefan Löfven avait sept jours pour essayer de bâtir une nouvelle coalition, démissionner, ou convoquer de nouvelles élections. Il a fini par jeter l’éponge, lundi 28 juin, face à l’impossibilité d’un nouvel attelage. Le premier ministre ne tenait pas à enclencher un scrutin anticipé, de peur de voir le paysage politique se fragmenter encore un peu plus.

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Stefan Löfven dirigeait depuis 2019 un gouvernement minoritaire avec l’appui des Verts, du centre et des libéraux. Le parti de gauche soutenait l’exécutif sans y participer. À présent, il revient au président du Parlement, le conservateur Andreas Norlén, de consulter chaque parti, avant de proposer un premier ministre.

► Combien de temps cela peut-il prendre ?

Les dernières tractations en vue de former une coalition s’étaient étirées sur 134 jours en 2018-2019. « Je ne permettrai pas que cela dure aussi longtemps », a déclaré mardi 29 juin le président du Riksdag. Cette fois, les coups de sonde à mener auprès des divers leaders politiques ne devraient pas s’accompagner de conférences de presse. Le temps imparti aux chefs de partis pour négocier leurs conditions sera par ailleurs réduit, avec un vote de confiance qui pourrait intervenir dès le jeudi 1er juillet.

Plusieurs combinaisons sont possibles. Stefan Löfven est candidat à sa propre succession, mais il a déjà prévenu, mardi 29 juin, qu’il démissionnerait à nouveau si le budget n’était pas voté à l’automne. Autre possibilité, pour Andreas Norlén : nommer la cheffe de sa famille politique, la « Modérée » Ulf Kristersson, prête à une alliance avec l’extrême droite anti-immigration des « Démocrates de Suède », mais sans majorité faute de l’appui de la centriste Annie Lööf, qui rejette également toute participation à un gouvernement Löfven si la gauche radicale de Nooshi Dadgostar en fait partie.