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dimanche, mai 29, 2022

Dans l’est de la France, le prototype du futur service civique européen

Six mois en France, et six mois dans un autre État membre de l’Union européenne (UE), au service de la solidarité et de l’intérêt général. Le tout indemnisé, avec une couverture sociale. Voilà à quoi pourrait ressembler le nouveau pilier des mobilités européennes à côté du célèbre programme Erasmus. Au moment de détailler le programme de la présidence française du Conseil de l’UE (PFUE), le 9 décembre dernier à l’Élysée, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux la création d’un service civique européen.

Dans le laboratoire du Grand Est

La formule, élaborée par l’association Unis-Cité en partenariat avec le Corps européen de solidarité et l’agence française du service civique, a déjà été testée pendant deux ans sur 72 jeunes de 16 à 30 ans (36 Français, 36 Européens d’autres pays). À Metz ou à Strasbourg, ils ont œuvré dans une maison de retraite ou au domicile de personnes âgées, à faire du lien intergénérationnel, ou encore dans les écoles pour faire de la prévention contre les discriminations.

Pour Marie Trellu-Kane, présidente fondatrice d’Unis-Cité, ce modèle complète les possibilités existantes. « Il s’agit d’une année de césure pour se rendre utile à la société à la fois au niveau local et européen qui n’oppose pas les sentiments d’appartenance. Le premier semestre est aussi un temps de préparation des jeunes moins favorisés qui ne sont parfois jamais sortis de leur région », argumente-t-elle.

« Une source de motivation incroyable »

Ceux qui l’ont testé ne tarissent pas d’éloges. « Ce qui m’a plu, c’est de travailler dans une équipe multiculturelle mais surtout avec des personnes avec des histoires différentes », raconte Francesco, un Italien de 24 ans.

Anaïs, une Française de 21 ans, insiste également sur « le partage, la rencontre avec de nouvelles personnes venant d’autres pays, et la découverte de nouvelles cultures, de nouvelles langues ». Les participants doivent en effet obligatoirement travailler en binôme avec un jeune d’un autre pays. Médéric, Belge de 22 ans, y voit « une source de motivation incroyable », aux contacts des autres, Tchèques, Espagnols et Allemands.

Dans un manifeste remis mercredi 19 janvier au secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune, un collectif d’une vingtaine d’organisations de jeunesse appellent à un effort de démocratisation. « Partant des environ 5 % seulement de jeunes intégrés et bénéficiant réellement aujourd’hui de la “génération Erasmus” », les signataires défendent un service civique européen « accessible à 100 % des jeunes d’Europe en offrant en particulier une chance unique de bénéficier aussi de la mobilité européenne, à ceux qui sont déscolarisés, sans emploi ou sans projet immédiat ».

Plusieurs freins

De nombreux obstacles restent à lever pour que ce service civique européen devienne une réalité, alors qu’une classe d’âge représente 4,6 millions de jeunes. Tout d’abord, il faudrait que les 27 États membres aient leur propre service civique national comme base d’échange. Pour l’heure, la France peut s’appuyer sur des pays comme l’Allemagne ou l’Italie qui disposent elles-mêmes d’un solide dispositif. En revanche, celui-ci reste à créer en Grèce ou en Estonie, par exemple, où les autorités montrent des signes d’intérêt.

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Il faudrait aussi que ce service dispose de moyens importants. Pour débuter, il s’appuierait en partie sur le budget du Corps européen de solidarité, lancé depuis fin 2018. Ce dernier, néanmoins, ne concerne aujourd’hui que 50 000 jeunes par an, dont 20 000 seulement qui profitent d’une expérience de plus de six mois.

En France, son budget est en baisse : 10 millions d’euros en 2021 et 8 millions en 2022. « Les augmentations possibles sont plafonnées, nous demandons donc le maximum dès cette année, soit une hausse de 15 % », défend Marie Trellu-Kane.

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