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dimanche, mai 29, 2022

Le Parlement des jeunes, un espace de propositions vers les candidats à l’élection présidentielle

Les jeunes Français seront-ils entendus durant la campagne présidentielle ? Ils ont en tout cas des choses à dire, comme en atteste le succès du Parlement des jeunes qui s’est tenu en décembre dernier au théâtre du Châtelet, à Paris. La deuxième édition de cette manifestation organisée par le réseau Entrepreneurs d’avenir, qui rassemble une quarantaine d’associations, a convié plus d’un millier de participants autour du thème « Les grandes transitions ».

Réunis en séance, ces jeunes ont débattu et voté des propositions sur des sujets sociétaux, économiques, politiques et écologiques.Ils espèrent désormais que leur voix sera portée jusqu’aux oreilles des candidats aux élections.

→ ENTRETIEN. Anne Muxel : « La génération des 18-24 ans est moralement exigeante avec les entreprises »

La Croix Campus a rencontré quatre de ces participants au Parlement des jeunes. Déjà engagés dans la société civile, ils souhaitent s’impliquer davantage dans les prises de décisions politiques.

► Lilâ Le Bas, 28 ans : « Il faut aider les jeunes à construire leur parole pour se faire entendre »

« Faire entendre la voix des jeunes est le fil conducteur de mon parcours. J’ai 28 ans et je suis responsable des engagements jeunesse au sein de la Macif, un groupe d’assurance mutuelle, qui soutient le Parlement des jeunes. Je me suis engagée dans le milieu associatif après le lycée : j’ai été la première de ma famille à accéder à l’université, et je me suis rendu compte du décalage entre les promesses d’accès à l’enseignement supérieur et la réalité, par exemple sur l’autonomie.

Il faut aider les jeunes à construire leur parole pour se faire entendre. Aujourd’hui, nous les accompagnons pour leur permettre de créer des liens, bâtir des réseaux, construire leurs parcours professionnels. Au Parlement des jeunes, nous leur permettons de s’exprimer sur les solutions qu’ils souhaitent pour leur avenir et nous apportons un coup de projecteur à leurs initiatives et à leur engagement. Si j’avais un message à leur communiquer : Prenez la parole ! »

► Colin Champion, 17 ans : « Ne pas se contenter du rôle passif de l’élève »

« Le syndicalisme lycéen ne permet plus de faire entendre la voix de la jeunesse. Il faut du changement, de nouvelles structures pour s’adapter à un contexte politique et syndical complètement bouleversé. J’ai 17 ans et je suis président du syndicat La voix lycéenne. Nous relançons par exemple un journal pour permettre aux lycéens d’avoir des outils critiques sur l’actualité. Nous renouons aussi avec un syndicalisme de proximité, centré sur l’action locale.

→ ANALYSE. Emploi : les jeunes se disent massivement discriminés

En tant que lycéens, nous sommes méprisés par le ministère. Nous allons subir le réchauffement climatique, nous sommes très affectés par la crise sanitaire : il faut se faire entendre sur ces sujets qui nous concernent et ne pas se contenter du rôle passif, celui de l’élève. C’est une question d’émancipation. La jeunesse est la mieux placée pour donner son avis sur les mutations de la société, sur la justice sociale et l’écologie. Il faut laisser les jeunes débattre entre eux de ces questions. »

► Aïssatou Barry, 25 ans : « Aller chercher des gens qui ne sont pas très diplômés »

« Je suis heureuse de participer à des actions d’éducation auprès des jeunes, compte tenu du taux de chômage de cette frange de la population. J’ai 25 ans et je suis en charge de la communication à la Jeune Chambre économique du Grand Paris. Nous allons chercher des publics qui souvent ne sont pas très diplômés. Notre but est de mettre en avant des compétences qu’ils ont acquises lors d’actions quotidiennes.

→ DEBAT. Pourquoi reste-t-on sourd aux alertes climatiques ?

Par exemple, nous avons accompagné récemment une jeune femme qui aidait tous les jours ses parents à s’occuper d’animaux domestiques. Notre travail a été de lui faire prendre conscience que, même si elle n’avait pas de diplôme, elle était responsable, structurée, attentive. Elle n’avait pas conscience que c’étaient des compétences, valorisables sur un CV. Nous nous sentons vraiment utiles. Les pouvoirs publics doivent nous accompagner dans cette mission de sensibilisation. »

► Dylan Chiasson, 21 ans : « Nos propositions sur l’écologie pour les candidats à la présidentielle »

« Il faut que tous les étudiants soient formés et actifs face aux enjeux écologiques, et que les campus du supérieur s’adaptent à ces enjeux. Tout le système doit se transformer. J’ai 21 ans et je suis vice-président du Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire (Reses). J’ai été inspiré par Greta Thunberg, qui va au fond de ses convictions et qui inspire les gens. Et aussi par l’ouvrage de Mike Berners-Lee, Il n’y a pas de planète B.

Avec le Reses, on fait des propositions aux candidats à l’élection présidentielle. Notamment celle de mettre l’accent sur la formation des enseignants et chercheurs aux enjeux climatiques. Car si toute l’université n’est pas sensibilisée, les étudiants ne peuvent pas l’être non plus. »

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