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samedi, août 13, 2022

L’Italie remporte le 2e Euro de son histoire et brise le rêve anglais

53 ans après son premier sacre, la Nazionale a remporté le Championnat d’Europe, dimanche, aux dépens de l’Angleterre (1-1 ap, 3-2 tab). La récompense d’une magnifique renaissance.

Dans un Wembley groggy où ne résonnait plus que la clameur des 7.500 supporters transalpins, la plupart résidant en Grande-Bretagne puisque le variant Delta a barré la route aux voyageurs, le capitaine Giorgio Chiellini, en larmes, a brandi dans la nuit londonienne le prestigieux trophée Henri-Delaunay. 53 ans après son premier et unique sacre continental, en 1968 à Rome, revoilà l’Italie sur le toit de l’Europe. L’aboutissement rêvé d’un tournoi idyllique pour une équipe que plus personne n’arrive à battre (34 matches sans défaite). Malgré le soutien de tout un stade et tout un peuple, l’Angleterre n’y est pas parvenue et devra, comme le Portugal (2004) et la France (2016) avant elle, se relever du traumatisme qui frappe le pays organisateur battu en finale.

De l’enfer au paradis

C’est à l’issue d’une séance de tirs au but (1-1 ap, 3-2 tab), comme si souvent par le passé, que les Anglais ont plongé en enfer. Les Italiens, eux, en sont revenus. En 2017, la Nazionale était en effet tombée dans l’abîme, incapable de se qualifier pour la Coupe du monde. Cela n’était plus arrivé depuis 1958 et le football italien ressemblait alors à un champ de ruines. À peine quatre ans plus tard, «l’Italie s’est levée» selon les paroles du Fratelli d’Italia. Un hymne chanté à gorges déployées par les joueurs, symbole d’une unité et d’un souffle retrouvés autour du sélectionneur, Roberto Mancini, désormais héros national. Comme les Bonucci, Chiellini, Verratti, Jorginho, Insigne, Chiesa qui ont bien mérité coupe et médaille, juste récompense d’un tournoi magistral où leur générosité, leur cohésion mais aussi leur jeu déployé ont fait mouche pour les propulser au paradis.

La soirée avait pourtant mal commencé, dimanche, pour la Squadra Azzurra. Il n’a fallu qu’une minute et cinquante-sept secondes à l’Angleterre – nouveau record de rapidité en finale d’un Euro – pour faire rugir Wembley. Décalé côté droit par Harry Kane, Kieran Trippier, titularisé en piston droit dans le 3-4-3 concocté par Gareth Southgate, a délivré un centre parfait au deuxième poteau pour Luke Shaw qui a fusillé Gianluigi Donnarumma (1-0, 2e). Au cours d’une première période dynamitée puis cadenassée par une équipe anglaise d’abord plus incisive que la sienne, le probable futur gardien du PSG n’a pas eu grand-chose à faire (une frappe cadrée anglaise en 45 minutes). Jordan Pickford non plus, lui qui a quand même semblé battu sur le tir à ras de terre et non cadré de Federico Chiesa (35e). Le seul véritable frisson passé dans l’échine des supporters anglais, la frappe de Marco Verratti, trop molle et trop centrée, ayant elle échoué dans les gants du portier anglais (45+2).

Entre possession stérile et manque d’inspiration face à un bloc anglais qui a vite reculé, les Italiens ont frôlé la correctionnelle au retour des vestiaires quand Raheem Sterling s’est effondré dans la surface. L’attaquant de Manchester City, qui avait obtenu un penalty controversé face aux Danois en prolongation lors de la demi-finale, n’a cette fois pas eu gain de cause. Il y avait pourtant bien un contact avec Bonucci (48e), non sifflé par Björn Kuipers. Dans un angle très fermé, Lorenzo Insigne a chauffé les gants de Pickford (58e) au cours d’un vrai temps fort italien où les hommes de Roberto Mancini sont montés d’un cran – bien aidés par des Anglais trop attentistes –, mais rarement avec l’étincelle nécessaire pour créer le décalage sur les ailes, trouver le bon intervalle ou percer dans l’axe une muraille blanche qui n’avait cédé qu’une seule fois dans cet Euro jusque-là. Auteur d’un joli numéro dans la surface, Chiesa n’a pas été loin de relancer la Nazionale mais Pickford a sorti un grand arrêt au sol (62e). Le portier d’Everton n’a en revanche rien pu faire quand Bonucci a profité d’un gros cafouillage dans les six mètres pour égaliser (1-1, 67e) et relancer une Nazionale enfin conquérante.

Donnarumma, héros de l’Italie

La peur a ensuite envahi Wembley qui voyait Berardi rater une reprise difficile devant Pickford (74e) et la sélection anglaise se débarrasser bien trop vite du ballon. Pour la septième fois en 16 éditions, les finalistes de l’Euro sont allés en prolongation. Giorgio Chiellini a sauvé les siens deux fois devant Sterling (96e, 111e), quand Bernardeschi, trop court sur un centre d’Emerson (104e), a failli faire profiter l’Italie de la fébrilité de Pickford sur coup franc (107e). Ce dernier a ensuite cru, lors de la séance de tirs au but, faire pétiller l’Angleterre en détournant la frappe de Belotti. Mais Rashford a trouvé le poteau. Donnarumma, élu joueur du tournoi, s’est ensuite mué en héros pour la Nazionale en détournant les tentatives de Sancho et de Saka. Mancini et ses hommes rentrent à Rome avec le trophée, chef-d’œuvre de la renaissance italienne.

Euro 2020 : la finale Angleterre-Italie en images

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